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FILMS TRAITÉS en analyse :
The ten conditions of love Jeffe Daniels 2009 Le jour
où Dieu est parti en voyage Philippe Van Leeuw 2009 Les poings serrés Mélissa Beaudet, 2010 The cat in
the pan Catherine Bütikofer et Anne Kmetyko, 2009 Alice au pays des merveilles Tim Burton, 2010
Brooklyn's Finest Antoine Fuqua, 2010 Remember me Allen Coulter, 2010 The runaways Floria Sigismondi, 2010
FILMS RÉFÉRÉS au cours de l'analyse :
Bullet Peter Yates, 1968
The Gauntlet Clint Eastwood, 1977 Serpico Sidney Lumet, 1974 Fort Apachethe Bronx Daniel Petrie, 1981
Twilight Catherine Hardwicke, 2008 Stand by me Rob Reiner, 1986 Playing by hearth Willard Carroll, 1998
Things you can tell just by looking at her Rodrigo Garcia, 2000 Foxes Adrian Lyne, 1980
Les diablesses Harry Cleven, 2007
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Ainsi que vous pouvez le constater sur la photo de nous deux, ses longues tresses frôlent
ses hanches et elle est toujours capable d'un sourire radieux. «Je vois comme une
obligation de continuer à parler. Ce n'est pas qu'une question chinoise, d'autres nations
sont autocratiques : Iran, Darfour, Birmanie. Nous voulons un changement démocratique.»
Je l'ai serrée dans mes bras et elle m'a embrassée après la projection du film. Puis, des
femmes m'ont dit, en regardant sans cesse de tous les cotés : «Une conversation est
risquée. Même aujourd'hui nous avons peur pour la sécurité de notre famille en Chine. Nous
aurions voulu faire comme vous.» Et elles ont ajouté, le regard humide : «Rebiya est notre héroïne».
The 10 conditions of love a été présenté en première nord-américaine lors
du Festival de films sur les droits de la personne de Montréal. Toujours lors de la 5e édition du FFDPM, était projeté Le jour où Dieu est parti en
voyage. À Kigali, en avril 1994, Jacqueline, une mère Tutsie, trouve ses 2 enfants morts, massacrés lors du génocide rwandais. Elle se réfugie dans
la forêt. Philippe Van Leeuw a filmé la nature luxuriante dans son contraste avec la lente déperdition d'une femme ravagée. La particularité
de ce film réside dans sa démonstration des conséquences d'un traumatisme. Van Leeuw par son accompagnement attentif, Shanel Ruth
Keza Nirere par son extraordinaire talent d'actrice, amènent à constater, et même à
comprendre, les effets d'un traumatisme. La poésie des images s'unit à la mise en évidence
de la déconstruction de l'être jusqu'à la folie pour prouver la gravité des troubles psychiques
causés aux victimes de guerre. Un film rare, à la fois artistiquement beau et éminemment utile.
«Moi aussi je viens d'un milieu où quotidiennement il
faut se battre pour avancer. Dans mes intentions de réalisatrice, il y a 2 ans, j'avais noté : Rebâtir la
confiance en soi quand tout autour de soi est chaotique. Aller au bout juste pour voir, pour prouver qu'on y est
allé». Mélissa Beaudet s'est entraînée pendant 8 mois
avec les jeunes et a réalisé Les poings serrés pour «montrer qu'il y a du bon dans chaque quartier». Dans
ce documentaire, elle nous présente le quartier St-Michel et 2 jeunes : Steven Rossignol-Généreux, dont la
mère s'est pendue quand il avait 9 ans et dont le père qui «avait 3 jobs en même temps» est mort d'une
crise cardiaque, et Roodsy Vincent, d'origine Haïtienne, séparé de sa mère à l'âge de 5 ans. Ils pratiquent
maintenant la boxe grâce à Evens Guercy, policier du SPVM, agent communautaire au poste 30 et fondateur du club de boxe l'Espoir; il s'est
impliqué au point d'y mettre son argent.
La boxe n'est pas montrée comme un acte de démolissage, elle exige le port d'un casque protecteur, la mémorisation des techniques
d'attaque et d'évitement et résulte d'une discipline rigoureuse. Elle induit chez les filles et les garçons qui s'exercent un respect des règles
dans le sport qui mène au respect des règles dans la vie. Maintenant Steven peut dire : «J'ai confiance en moi sinon je ne pourrais pas
avancer» et Roodsy peut affirmer : «Je fais des choses bien et j'apprécie ça». En effet, il a reçu une bourse et l'a donnée pour l'équipement du
centre. Steven ne remporte pas une compétition et, pourtant, il ne décide pas de tout abandonner. Ces jeunes sont devenus des modèles
salutaires qui différent des vedettes idolâtrées à la mesure de leur criminalité dangereuse; Steven, Roodsy et Evens sont des héros positifs à la
mesure de leur idéal humain et social.
 «Il a fallu 10 ans pour faire ce film. Il a été tourné en Super 16 pendant 3 jours à Montréal. C'est sur le
thème des apparences mais c'est aussi une ode à la persévérance» déclarait Catherine Bütikofer,
réalisatrice, productrice et actrice pour The cat in the pan. Le scénario est basé sur la pièce The role of
Della de John J. Wooten. Ce film, co-réalisé par Anne Kmetyko, est le premier d'une trilogie intitulée
Femmes Fabuleuses. La série permettra à des actrices d'interpréter des scènes plus intéressantes que
celles que Catherine jouait habituellement en participant à différents ateliers de théâtre «toujours les mêmes
scènes dont peu étaient à hauteur de femmes. Un jour, alors que je voyageais à Boston, je me suis
retrouvée chez un libraire où par le plus grand des hasards, j'ai demandé au commis s'il existait des publications avec des
pièces pour femmes seulement. Il me remit une grosse brique. La pièce de John était à la fin et c'est la première que j'ai
lue». Ce court-métrage au rythme soutenu et à l'intrigue prenante montre Élizabeth Ryan qui a obtenu un convoité carton numéroté permettant
de passer une audition pour un rôle dans une pièce de théâtre. Aussi talentueuse qu'élégante, Catherine Bütikofer déploie une vive capacité
d'interprétation sincère.
EN ANALYSE
Mots ont-ils déjà été plus appropriés dans un titre pour résumer un film que : Alice au pays des merveilles? La
plus récente réalisation de Tim Burton présente une Alice héroïque, autonome, intrépide qui affronte des épreuves
dans l'affirmation d'elle-même. Grâce au scénario de Linda Woolverton, qui renouvelle et enrichit l'œuvre de Lewis
Carroll, Alice devient une alternative exemplaire aux habituelles princesses mièvres : elle revêt une armure et
traverse les symboles de l'inconscient lors de son retour au pays de la Reine rouge en conflit avec la Reine
blanche. Elle veut sauver le Chapelier fou et combattre un monstre. De toutes ses aventures, elle ressortira
consciente de sa volonté et passera aux actes pour influencer sa réalité : elle sera à la fois exploratrice et femme
d'affaires avec Lord Ascot, un associé de son défunt père.
Après la perte des illusions (son beau-frère trompe sa sœur) et avec la valorisation de l'imagination (Charles
Kingsleigh, le père d'Alice, chaque matin concevait 6 choses impossibles), Alice, à 19 ans, s'engouffre dans le
terrier du lapin, rapetisse (elle mesure 3 pouces, 8cm), grandit (elle atteint 7 pieds, 213 cm), voyage sur un
chapeau, marche sur des visages flottant dans les douves : «C'est mon rêve et je déciderai où il va me mener».
Film aussi bénéfique pour les enfants que pour les adultes, il transmet des exemples de courage et de persévérance, il valorise la force
individuelle dans un contexte d'adversité. Lors de son parcours initiatique, Alice s'entretient avec Absolem, une chenille bleue qu'elle retrouvera
en papillon dans le réel, pour bien représenter son propre épanouissement, et elle converse avec le Chapelier qui lui apprend une danse qu'elle
exécutera toute seule quand, là encore, elle sera revenue sur la terre. Tous les acquis de son périple dans le monde souterrain lui serviront
dans sa vie et pour l'orientation qu'elle choisira de lui donner.
Les effets spéciaux propulsent l'histoire sans la supplanter, ni distraire l'attention ou briser le charme: la fusion des images réelles et des
images de synthèse est réussie au point où elle ne brise pas le charme. Ainsi, la numérisation pour élargir la tête de l'actrice Helena Bonham
Carter, qui incarne la Reine rouge, est fusionnée à son corps minuscule sans que le raccord soit évident. Le pays des merveilles est détaillé
jusqu'au pollen des pissenlits. La caméra subjective nous fait découvrir les lieux tel qu'Alice les voit. Le film fonctionne en étant aussi
appréciable en 2D qu'en 3D. Pour la finale du film Sherlock Holmes (Guy Ritchie, 2009) les images digitales devaient représenter la réalité, leur
exagération empêchait d'y croire, dans Alice au pays des merveilles de Tim Burton, la qualité du travail sur les interventions ajoutées au jeu
des acteurs et sur celles constitutives des décors est telle qu'on adhère immédiatement; ce monde imaginaire de Tim Burton est plus concret
que celui présenté comme la réalité dans le film de Guy Ritchie.
Les thèmes traités incluent l'esclavage (Bayard le chien), le dévouement et l'intégrité (Alice qui s'assume, qui sauve le Chapelier et le monde
en combattant la créature ailée), la solidarité (les soldats qui font une rébellion). Le langage est remarquable par l'invention de mots
(Jabberwocky, Jubjub Bird) ou la variété lexicale de l'aire synonymique du Chapelier fou qui énumère de vrais mots (du canotier au fez).
L'antinomie se manifeste avec le cœur, qui habituellement représente l'Amour, et qui devient le symbole de prédilection de la Reine rouge,
méchante à cause d'une tumeur au cerveau enflant son crâne et l'amenant à vouloir sans cesse couper la tête des autres.
Burton s'est entouré de Johnny Depp, dans le rôle du Chapelier fou (qui est aussi amoureux fou d'Alice en espérant «Il faudrait que tu sois à
moitié folle pour rêver de moi»), et de Mia Wasikowska, dans le rôle d'Alice, qui confère intelligence et dynamisme à son personnage. Burton a
convié Alan Rickman, Imelda Staunton et Christopher Lee pour les voix de la Chenille Bleue, de la Fleur et du Jabberwocky. Pour la supervision
des effets visuels, il s'est fié à Ken Ralston. Tout ce déploiement de talent appuie un récit truffé de créations artistiques et de propositions
brillantes dans une structure géniale. Le scénario intègre habilement des concepts de psychanalyse dans des péripéties haletantes. Une
œuvre aussi attrayante que significative, un divertissement époustouflant qui recèle des démonstrations savantes. D'ailleurs, Alice's adventures
in Wonderland a été publié en 1865, entre les Lumières du XVIIIe siècle et les travaux de Freud à partir de la verbalisation d'Anna O. en 1893;
la pensée humaine devenait disponible pour des abstractions et des réflexions que nous n'avons guère fini de développer mais que le film Alice
au pays des merveilles de Tim Burton illustre prodigieusement.
On est loin des merveilles et des innovations dans Brooklyn's Finest d'Antoine Fuqua. La proximité d'un cimetière ouvre
et ferme le film pour circonscrire l'univers morbide de l'histoire : la corruption policière justifiée par la misère financière et
humaine dans le district 65. Le destin des 3 personnages, Eddy, bientôt à la retraite, Sal, le père de famille, Clarence,
qui infiltre le milieu sous couverture, cumule vers une planque de drogue et de prostitution. À chaque scène la
progéniture de Sal augmente, à la fin sa famille nombreuse en sera à 7 enfants. Les rares personnages féminins se
déclinent entre la maman et la prostituée, la victime et la garce; aucune n'est policière. Fuqua utilise le caractéristique
montage parallèle pour alterner le développement des scènes de l'intervention d'Eddy, la descente de Sal et la raclée vue
par Clarence, l'habituel champ-contrechamp externe pour cadrer les dialogues, et le traditionnel avant-plan quand il
montre l'argent convoité par Sal. Dès le début Vincent D'Onofrio dans une brève participation non-créditée annonçait «It's
not about right and wrong, it's about righter and wronger». Les acteurs se dévouent efficacement dans ce scénario
maintes fois exploité en accentuant les aspects sordides que ce soit au cinéma : Bullet (Peter Yates, 1968) avec Steve
McQueen, Serpico (Sidney Lumet, 1974) avec Al Pacino, The Gauntlet (Clint Eastwood, 1977) avec Sondra Locke, Fort Apachethe Bronx
(Daniel Petrie, 1981) avec Paul Newman et plusieurs autres, ou à la télévision : Miami Vice, NYPD Blues, Law and Order, The Shield, Life on
mars, The line et tant d'autres. Depuis les films mettant en vedette Paul Muni, en passant par ceux avec James Cagney, de nombreux
exercices de style du film noir ont été réussis et de nombreuses séries policières ont connu du succès. Après, le défi est considérable pour qui
veut renouveler le genre.
Le film Twilight (Catherine Hardwicke, 2008), devenu la base d'une franchise, a consacré vedettes immédiates les acteurs
jouant les protagonistes : Robert Pattinson et Kristen Stewart. Les producteurs, réalisateurs et distributeurs misent donc sur
leur renommée aux dépens d'autres actrices et acteurs et même au détriment du scénario et de la réalisation ainsi que les
films Remember me et The Runaways le démontrent.
L'hybride Remember me résulte d'une mosaïque de portraits minutieux amalgamés à des stratégies de
publicité autour de Robert Pattinson qui joue Tyler Hawkins. Will Fetters a établi un consistant scénario
(révisé par Jenny Lumet) et Allen Coulter s'est consacré à une réalisation artistique. L'histoire d'amour
entre Tyler et Caitlyn Rund (la fille d'un policier qui a arrêté Tyler) monopolise le propos et déséquilibre la
narration qui aurait pu se répartir entre tous les personnages ou qui aurait pu rayonner du personnage de
Caroline, 11 ans, sœur de Tyler, enfant brillante en mal d'amour de son père et victime de bullying infligé par les filles riches
de son école. Le suicide de Michael, son frère aîné, amène Tyler à rédiger un journal épistolaire; cette conjecture rappelle le
personnage de Gordie Lachance dans Stand by me (Rob Reiner, 1986) et aurait pu constituer le focus d'une venue à
l'écriture. Donc beaucoup de potentiel, avec plusieurs personnages qui convergent vers le dénouement, avec une réalisation
qui sait être modérée, mais, une récupération au nom du marketing fait dévier ce film qui aurait pu s'inscrire auprès de
réussites telles que Playing by hearth (Willard Carroll, 1998) et Things you can tell just by looking at her (Rodrigo Garcia, 2000).
À 15 ans elle a vieilli vite. Très vite. Elle avait l'air d'un ange fragile. Et elle l'était. Elle a d'ailleurs intitulé son autobiographie Neon angel : the
Cherie Currie Story. Ce livre est devenu la base du scénario et de la réalisation de Floria Sigismondi pour The Runaways relatant la création et
la dissolution du premier groupe rock entièrement féminin fondé par la musicienne Joan Jett, aussi productrice du film. La publicité et le
générique mettent l'accent sur l'actrice Kristen Stewart, jouant Joan Jett, mais la performance d'actrice relève de Dakota Fanning, interprétant
Cherie Curry. Le film commence avec le sang sur l'asphalte lors des premières menstruations de Cherie en 1975, ses chaussures à semelles
compensées, la mode unisexe glitter, l'influence de David Bowie et la banalisation d'une misogynie qui évince les filles de toute crédibilité
quand elles s'affirment. «Guys don't like tough girls. Girls don't play». Joan s'achète quand même un blouson de cuir et Cherie chante sur
scène une composition de Joan. Leur gérant Kim Foley leur transmet que le «rock'n roll is a blood sport» en ces temps de libido féminine,
d'orgasmes en chaîne, de drogues accessibles et d'hommes qui veulent voir les femmes «in the kitchen or on their knees in front of them». Il
les entraîne à présenter le spectacle en recevant les détritus qui leur seront lancés et les envoie en tournée au Japon où elles sont accueillies
comme des idoles consacrées. Leur succès là-bas a été comparé à celui des Beatles. Cherie a quitté un père ivrogne divorcé, sa sœur jumelle
qu'elle aimait, pour assumer une carrière effrénée, une vie sexuelle débridée, un recours systématique à l'alcool et aux drogues. Bien qu'elles
soient considérées comme des objets sexuels, elles représentent pour des femmes un modèle de pouvoir. D'ailleurs, geste d'affirmation
subversive, c'est par la masturbation que l'une des musiciennes expérimente son premier orgasme. Le groupe chante «We are not ashamed to
say that love is pain». Cherie périclite dans une déchéance qui met sa vie en danger. Des membres du groupe la jalousent, des articles la
comparent à de l'urine de chien. Après 3 ans et 5 disques, avoir joué dans le film Foxes (Adrian Lyne, 1980) (où elle excellait) Cherie est
vendeuse de pâtisserie alors que Joan connaît le succès avec sa chanson I love Rock'n Roll. The Runaways révèle et promeut le talent de
Dakota Fanning; tout ce qu'elle fait est juste, maîtrisé et poignant. La réalisatrice Floria Sigismondi rompt les scènes en accentuant les
différences de son et de contexte, exagère l'éclairage, teinte la lumière. La scène où Cherie assise dans la cuisine parle à sa sœur Marie est
particulièrement remarquable par la sursaturation de soleil derrière elle. Toutes ces techniques contribuent à la récréation de l'ambiance
psychédélique de l'époque. Dans un souci d'authenticité, les cosmétiques étaient Vintage Bonne Bell. À la fin du film, Joan Jett résume son
existence : «Rock'n Roll saved my life».
EN SOUVENIR
L'UNESCO a désigné le 23 avril journée mondiale du livre et du droit d'auteur. Supports matériels des mots
, le livre et le film les transmettent de façon utilitaire ou artistique. Les diablesses (2007) du réalisateur
belge Harry Cleven débute avec Sylvie, une jeune fille, qui constate que les murs de l'établissement
religieux Notre-Dame du Bon Pasteur sont surmontés de tessons de bouteilles. Ainsi qu'autour d'une
prison. Les filles, enfermées là à la suite d'une décision du tribunal au nom de la correction paternelle,
n'étaient pas des criminelles, elles étaient des pécheresses. À peine quelques années avant The
Runaways, les filles étaient incarcérées, non pour des gestes violents, mais des actes d'amour. Aussi
intitulé Unloved, basé sur des témoignages, avec des dialogues de Pascale Breton et Olga Vincent, le
téléfilm a valu à sa principale interprète, Anna Mihalcea, le prix de la révélation et découverte au 9e Festival
de fiction TV. À travers le récit de cette incarcération, les mots sont valorisés. Sylvie, après des années de
claustration, assiste à une représentation d'une pièce de Racine; subjuguée en entendant la déclaration de
Phèdre à Hippolyte, elle constate : «Nous n'avions pas le droit de parler au Bon Pasteur. Et surtout pas de nous. Et là, sous mes yeux, une
femme parlait d'elle et de ses souffrances. Elle se mettait à nu avec des mots magnifiques. Des mots qui étaient comme des clés qui ouvrent
des portes. J'ai compris ce jour-là qu'avoir l'usage des mots, savoir s'exprimer, c'était ça devenir une personne. C'était ça la vraie liberté.»
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