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Parce
que j'ai l'immense bonheur de connaître une chanson secrète, murmurée, partagée, je
continue avec allégresse, réconfort, courage, un chemin sur lequel parfois je ne
marche pas seule.
Plante
frissonnante, je répand un débordement de joie, un assaut d'inquiétude, un
déferlement de peine, vers un cœur pour lequel chacun de mes mots est audible,
recevable, compris.
Quand
mes larmes mouillent mes cheveux, une main s'y glisse pour les replacer, quand mes
rides s'accentuent sur mon front tourmenté, une paume me guérit, quand mes yeux
émus deviennent humides, un doigt essuie les larmes timides.
Si
je sombre dans le noir le plus absolu, ou rayonne de la sérénité la plus pure, ou
déploie les pensées les plus bienveillantes, ou formule les questions les plus
compliquées, je suis reçue avec ma fragilité de porcelaine et ma force de Gibraltar.
Je
distingue un visage dans le sable, j'entend les phrases qui m'ont fait du
bien parmi les roulements du vent dans les feuilles, je sens encore une
présence aidante dans mes moments de solitude; je sais la beauté, la constance,
l'amour que prodigue l'amitié.
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