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Une pâle agapanthe craintive aspire dans l'ombre…
Elle
tient pourtant à ressentir le trouble d'une gentiane frémissante qui se pâme avec
délectation.
Mais
elle veut rester aussi solide que l'hélianthe avec une compétence pour le stoïcisme
et le renoncement.
Elle
s'intéresse toutefois aux élans rougeoyants de l'amaryllis; et à ses sanglots
brûlants.
A
nouveau, le goût de la passion monopolisante et absolue grandit en elle quand la
primevère impétueuse babille, fontaine de neuves expériences enviables.
Elle
attache vivement son regard à l'amarante dont l'attitude prostrée après la
déception anéantit toute possibilité pour son cœur de dire tout bas la prière
suprême du désir envahissant.
Orante
fébrile, elle s'élèverait vers l'instant soudainement et imprévisiblement refusé,
ou suivi de blâmes, deviendrait passerose magnifique et maltraitée, s'ouvrirait
avec dévotion et euphorie sous la pluie ensoleillée avant d'être brusquée et punie.
Son
enthousiasme doux, épanouissant, atténuerait les peines inévitables, lui
procurerait l'attrait et la tranquillité de la lysimaque sereine si parmi la joie
elle estompait l'importance du malheur.
Alors,
pour elle seule, ses peines imprègnent de tristesse sa retenue, l'amènent à traîner
les lambeaux du silence, la font semblable au narcisse privé de reflet.
Elle
ne sait pas respirer le bonheur du temps ni développer l'attitude du sourire aussi
présent que le mimosa à l'heure où tout rayonne.
Quand
finit sa brève vie elle essaie prestement d'apprécier pour une unique fois la
sensation du rayon qui se pose sur sa sensibilité.
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