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Les
hommes, c'est bien connu, ne disent pas facilement "je t'aime". On a
longtemps prétexté que ce n'était tout simplement pas dans leur nature d'être
sentimental. Ou encore, on a mis cela sur le dos de leur éducation plus spartiate
que romantique, bien qu'assurée surtout par leur mère. Curieux quand on y pense!
En
fait, on a mis de l'avant toutes sortes d'explications pour tenter d'analyser,
d'excuser quand ce n'était pas de blâmer les mâles de cette soi-disant carence.
Incidemment, la dernière lubie à la mode voudrait que les hommes soient des êtres
qui ont peur d'aimer et encore plus de s'attacher.
Est-ce
bien le cas? Est-ce vraiment par incapacité foncière que l'homme n'arrive pas à
prononcer ces mots idylliques ou bien y aurait-il d'autres raisons? Se pourrait-il
qu'au fil des années, plusieurs d'entre eux aient accumulé de plus en plus de
raisons d'hésiter à s'impliquer en s'aventurant dans ce qui leur paraît désormais
comme une galère?
Se
pourrait-il aussi que contrairement à ce qu'on prétend, ce ne soit pas tellement
par incapacité d'aimer que par refus de s'adapter aux caprices de la femme nouvelle
qu'il aurait déchanté.
Qui
dit que ce renouveau qu'on souhaite lui faire adopter l'intéresse? Peut-être
considère-t-il qu'il n'y trouve plus son compte. D'où son désinvestissement!
En
bout de ligne, est-ce de l'amour dont l'homme est incapable ou de cette nouvelle
alliance qu'on lui propose qui ne l'attise plus autant?
Bref,
le lyrisme du troubadour aurait-il dégénéré pour muter en méfiance de la mégère?
Finalement, l'Ode à Cassandre serait-elle réécrite de nos jours ailleurs qu'en
chanson?
Pourtant,
l'Amour des hommes est loin d'être mort. Les mâles ont un besoin vibrant d'amour,
tant à donner qu'à recevoir. Ils en manquent même au point d'avoir mal. Et ils le
cherchent avidement.
D'ailleurs,
on voit de plus en plus d'hommes revendiquer leurs droits à la paternité et la
garde de leurs enfants par amour, par besoin d'attachement. Si ce n'est pas cela
qu'on appelle accepter de s'engager, alors je me demande bien ce que c'est! Alors
comment expliquer qu'il en soit si différent avec les femmes?
Note de l'auteur :
cet extrait fait partie de l'introduction d'un volume inachevé qui traîne dans mes tiroirs depuis des années et qui sera peut-être publié un jour. Entretemps, j'ai cru que ce questionnement méritait de sortir de mon placard (!) pour reprendre une expression à la mode. La suite peut-être un jour. AG
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