Le changement, on dirait qu'il n'y a plus que cela de permanent. Peu importe où
on regarde, ou quoi que l'on touche, il y a du nouveau partout. Bientôt, on pourra parler à son ordinateur qui...pourra nous répondre! Je me demande ce qui arrivera
quand l'un des deux ne sera pas de bonne humeur? Est-ce que l'autre aura l'option de bouder ?
En tous les cas, on est tous impliqués dans cette évolution et surtout au travail. Il y a vingt ans, on avait entrepris de se recycler mais aujourd'hui, on
doit se renouveler. C'est plus global et surtout bien plus exigeant qu'avant. Est-ce que cela vous inquiète ou est-ce que cela vous plaît ?
Le changement vous affecte-t-il ?
Pour la majorité des gens, la réponse est oui, le changement nous affecte!
Reste à voir dans quel sens, selon chaque individu! Outre une affaire d'âge et de tempérament, c'est aussi une question de culture et surtout de souplesse personnelle.
Ceux qui ont été éduqués dès leur bas âge à valoriser le changement, y voient spontanément une occasion de progrès et des possibilités d'avancement. Bien
que prudents, ils abordent les virages avec une ouverture d'esprit différente de celle de ceux qui ont développé le réflexe de se méfier systématiquement de
tout changement.
Il y a effectivement de nombreux milieux (familial, culturel corporatif) où toute
tentative d'innovation était premièrement vue comme une entorse à l'ordre établi, ce qui était souvent associé à un geste irréfléchi. Ces gens auront à
priori des réflexes de fermeture! D'autre part, on sait que plus une personne est insécure, plus elle cherche à contrôler son environnement, parfois par le
désinvestissement quand ce n'est pas par la résistance. Par exemple, quoi de plus désolant qu'une réponse du genre: " Que voulez-vous, il faut bien aimer ça.
De toute façon, on n'a pas le choix."
Quel bel enthousiasme! Et surtout, comme c'est convaincant!
Résistances
Tous ceux qui veulent introduire des changements dans leur organisation savent que le premier réflexe de la plupart des gens sera d'y résister. Les
individus plutôt conservateur refusent parce qu'ils préfèrent garder leurs vieilles habitudes, certains parce qu'ils ont peur de l'inconnu alors que d'autres s'y
objectent par stratégie, croyant ainsi préserver des droits acquis ou des privilèges.
Quel que soit le cas, quiconque connaît la nature humaine sait pertinemment
bien qu'avant toute chose, il faut d'abord prendre soin de ses anxiétés si on veut espérer une écoute favorable par la suite.
Ce n'est pas en expliquant rationnellement un plan de restructuration que l'on arrive à diminuer les résistances des gens concernés. On ne gère pas des
émotions, encore moins la crainte, par des raisonnements (sauf par une approche de confrontation de type émotivo-rationnelle). Essayez de raisonner
quelqu'un qui a peur des araignées, même en lui expliquant rationnellement que les petites bêtes ne mangent pas les grosses, et vous verrez le résultat!
Pas nécessairement négatif
S'il est vrai que le dénominateur commun des résistances est l'incertitude
associée au changement, il faut admettre qu'avec tous les bouleversements occasionnés par la mondialisation des marchés (restructuration et
rationalisation des effectifs ), beaucoup de gens ont ressenti surtout le côté perturbateur du changement.
Ce faisant, on a probablement perdu de vue le fait que les changements comportent aussi des aspects prometteurs qui sont porteurs d'espoir et
d'amélioration à plusieurs niveaux. Somme toute, il n'y a pas que du négatif dans le changement!
On a possiblement oublié à quel point nos grands-pères se sont fait bousculer par l'arrivée de tant d'innovations qui ont transformé leurs façons de faire, mais
finalement, ils s'y sont adaptés et le résultat est tel que personne ne voudrait retourner à la planche à laver ou revenir au calcul de colonnes de chiffres "à la
mitaine"!
Les cadres
Les cadres sont habituellement les gens sur qui l'organisation compte pour
soutenir le personnel dans son évolution et dans son acceptation du changement. Il est donc très important d'accorder aux cadres le temps de
digérer eux-mêmes ces nouvelles orientations en ce qui les concerne eux, avant même de leur demander de les promouvoir auprès de leurs subalternes.
Tout le monde sait qu'il n'y a rien de pire pour affaiblir la portée d'un message, que le manque de conviction de celui qui le présente. C'est le vieil adage qui
veut que les gens retiennent beaucoup plus les messages que l'on envoie à partir de ce que l'on est, que de ce que l'on dit.
Or, combien de fois les employés entendent-ils des phrases comme: " Ce n'est pas pareil pour moi car mon temps achève. Mais si j'étais à votre place, je
n'hésiterais pas une seconde à m'inscrire à tous les cours possibles car la formation va devenir de plus en plus essentielle dans l'avenir. Je vous le répète:
Si j'étais à votre place... "
Avez-vous déjà ressenti cette sourde envie d'envoyer paître quelqu'un qui vous
envoie un message du genre : "Faites ce que je dis, non pas ce que je fais" ?
Voilà ce que les entreprises doivent éviter par-dessus tout. Il faut offrir aux cadres la possibilité de digérer l'impact personnel des réorientations sur leur
propre plan de carrière et leur laisser le temps de faire le point suite aux changements qui les affectent probablement eux aussi.
Ils ont besoin de se réajuster et de se positionner avant de pouvoir supporter et conseiller les autres, sans quoi, c'est leur propre crédibilité, voire même leur
autorité qui en sera affectée. D'où l'importance d'un temps d'arrêt pour consolider les valeurs des gens de l'équipe de direction! C'est une pause
stratégique des plus importantes.