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Le
burnout, tout le monde en parle ! Pourtant, il faut savoir que le terme n'existait
même pas il y a une cinquantaine d'années. Cela nous est venu progressivement avec
la disparition de la Civilisations des Loisirs et l'arrivée de la culture de
performance et c'est rapidement passée d'un phénomène d'exception à une
manifestation de plus en plus répandue. Alors si c'est ça le progrès, on repassera
!
La prévention du burnout et de l'épuisement personnel
Entendons-nous
tout d'abord sur une chose. Contrairement à ce qu'on pouvait affirmer il y a une
trentaine d'années, le fait de se retrouver au bord de l'épuisement (en burnout)
n'est plus l'apanage des gens qui sont sur le marché du travail. À preuve, combien
d'étudiants se disent à bouts de nerfs, d'adolescents qui se sentent dépassés par
la vie ou alors d'aînés qui se disent bousculés à de nombreux égards.
Tous
ces gens sont susceptibles de craquer un jour ou l'autre et donc de se retrouver
sur le bas du dos (!), mais pas pour les mêmes raisons. Pour certains, c'est la vie
professionnelle qui les siphonne alors pour d'autres, leurs tensions proviennent
d'ailleurs. Afin de bien départager le stress issus du milieu corporatif des autres
tensions de la vie courante, j'utiliserai toujours les termes «épuisement
personnel» pour faire référence aux contextes qui ne sont pas directement reliés à
des tensions résultant fondamentalement du milieu professionnel.
Burnout ou désarroi personnel et professionnel
Par
contre, comme je l'ai souligné à maintes reprises (voir «Des burnout qui n'en sont
pas vraiment..») en ce qui concerne le milieu de travail, il importe de faire une
distinction entre le burnout et le désarroi personnel et professionnel, le premier
étant directement relié à la définition de tâche alors que le second découle
davantage de ce que je codifie comme étant la culture du milieu.
Cette
distinction facilite le diagnostique et est d'autant plus pertinente qu'elle aide à
mieux cibler l'intervention clinique. On évitera de la sorte de retourner au boulot
des gens mal traités et qui font une rechute, souvent entre autres parce que leur
colère sous-jacente est restée en suspens (on y reviendra dans un autre texte).
L'être humain équilibré
La
toute première chose qu'il faut absolument s'ancrer dans la tête si on veut
réellement commencer à réduire les tensions qui épuisent notre système nerveux,
faisant ainsi de nous de bons candidats au burnout, c'est qu'on est des êtres
humains et non des robots. Aussi simpliste que cet énoncé puisse paraître, il est
lourd de conséquences puisqu'il permet d'établir que nous n'avons pas à nous sentir
en compétition pour atteindre les mêmes résultats.
S'il
est indiscutable que les ordinateurs sont beaucoup plus rapides et plus résistants
que nous pour exécuter une foule de tâches, on sait par contre qu'ils sont
incapables de s'enthousiasmer devant un projet ni de se réjouir suite à une
victoire; en un mot, ils n'ont aucune émotion.
De
notre côté, il suffit d'observer combien, au lendemain d'un beau moment de
tendresse, les gens ont les idées claires et de l'enthousiasme à fleur de peau.
Même s'ils ont encore les yeux plissés, leur attitude semble vouloir dire:
«Amenez-en des dossiers !»
Voilà ce qui nous distingue, notre coté humain. Et vive la différence !
Alors
cessons de gaspiller nos énergies à essayer de rivaliser sur un terrain qui n'est
pas le nôtre et concentrons-nous sur ce qui nous distingue et là où sont nos forces
; notre dimension psychosomatique avec toutes les ressources que cela comporte.
Notre dimension psychosomatique
L'être
humain est un être psychosomatique, c'est-à-dire qu'il est un alliage de deux
entités à la fois distinctes et complémentaires, le corporel et le mental. C'est
cette bipolarité qui s'actualise dans nos trois composantes (raison / émotions /
sensations) qui fait toute notre richesse et notre force, à condition évidemment
qu'on leur permette d'interagir et de se compléter.
Tout
le monde cherche à se sentir équilibré. Or, l'équilibre tant souhaité n'est
possible que dans la mesure où on laisse interagir nos trois composantes au lieu de
toujours tout vouloir contrôler par l'une d'entre elles (la volonté) au détriment
des deux autres, sous prétexte que ce sont là des sources de ramollissement, tout
cela évidemment parce qu'on ne sait pas trop comment composer avec elles. Voilà
l'erreur.
Et
la solution, ce n'est pas de se tenir loin de nos émotions parce qu'on n'est
tellement pas habitué de fonctionner avec elles qu'on ne sait trop comment les
intégrer, tant et si bien qu'on préfère les laisser de côté, mais avec l'espoir de
faire mieux la prochaine fois. Ce n'est pas la solution parce qu'en réagissant de
la sorte, on se prive des deux tiers de notre potentiel. Faut-il se surprendre
qu'on s'épuise plus vite et qu'on soit souvent au bord du burnout ?
La
solution ? Elle est toute indiquée ! On doit revenir à la base, se familiariser
avec nos propres richesses (voir les trois composantes psychosomatiques) et
réapprendre à les utiliser de manière profitable au lieu de s'en méfier comme si ce
n'étaient que des sources de faiblesses. Comment composer avec nos émotions au lieu
de chercher à les refouler, voilà le genre de choses qu'on aurait du nous apprendre
à l'école ! Mais il n'est jamais trop tard pour se reprendre… et, prenez-en ma
parole, cela s'apprend ! Alors, à chacun d'y voir.
Pourquoi
c'est important ? Parce qu'à partir du moment où quelqu'un cesse de se méfier de
ses propres composantes émotives ou sensorielles ou de les voir comme des zones
d'inconfort, il commence à vouloir les utiliser pour se ressourcer au lieu de
chercher à se cacher ses propres tensions nerveuses à coups de motivation et de
cassettes de pensée positive!
Bref,
si la volonté de se pousser à se dépasser et à performer a du bon, elle a aussi ses
limites et la prolifération des cas de burnout en est la preuve. On a trop souvent
tendance à oublier qu'en certaines instances, plus on veut… moins on peut ! Mais il
y a tellement de détours possibles pour arriver à ses fins.
Tel
sera donc le sujet de notre prochain texte : après avoir constaté les limites du
volontaire qui ne parvient pas vraiment à nous protéger du burnout, on verra quels
sont les autres volets de notre dimension psychosomatiques et comment on peut se
mettre en phase de mieux en tirer profit pour faire contrepoids au stress et
surtout se prémunir face au burnout.
(*ce
texte est le premier d'une série de 7 ou 8 articles qui ont pour objectif de
présenter des suggestions concrètes pour nous aider à prévenir le burnout, quel que
soit notre rôle ou notre fonction dans la vie car on sait bien que l'épuisement de
nos forces personnelles n'affecte pas que les gens dans le milieu du travail.
Veuillez
noter que l'essentiel des propos tenus dans tous ces textes à venir sont tirés de
mon volume : Les gens épanouis… réussissent mieux ! , disponible soit en librairie
ou directement par la poste à partir de mon site web).
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