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Dans
un article paru mercredi le 24 août dans La Presse sous la plume de Mario Girard et
portant sur l'utilisation usurpée de personnages de bandes dessinées comme Batman
dans des scénarios pornographiques, j'ai été surpris de lire les propos d'un
professeur d'université ontarienne affirmant que Disney réagirait vigoureusement
par des menaces de poursuites judiciaires si quiconque s'aventurait à exploiter ses
fameux personnages dans de tels scénarios.
Je
suis d'autant plus interloqué que depuis quelques années, on assiste à une
croissance phénoménale dans l'exploitation de tous ces « personnages de cartoons »
sur des milliers de sites pornographiques sur le web. De Donald Duck aux Simpsons,
en passant par Mickey Mouse, Cendrillon, les Flintsones ou Pokemon, tous ces héros
y sont reproduits dans des scénarios pornographiques, pédophiles et incestueux.
Voilà pourquoi il me paraît important de relever une telle affirmation alors que la
réalité me semble à l'opposé, d'autant plus que les dangers qui en découlent sont
considérables à plusieurs niveaux.
Binettes sympathiques
Car
il est indéniable qu'en reproduisant ces binettes sympathiques, les pornocrates
arrivent à faire passer l'imagerie porno comme un univers enjoué, à la fois
agréable et désirable aux yeux des enfants qui y retrouvent leurs amis, quoique
dans une gestuelle bien différente.
À
titre d'exemple, on a tous l'image d'une Blanche-Neige douce et gentille, un modèle
de bonnes manières à qui toutes les petites filles rêvaient de ressembler. Imaginez
l'impact quand on la retrouve toute nue, les quatre fers en l'air, s'efforçant de
faire le bonheur des sept nains à la fois ; cela va au-delà du choc culturel!
Il y
a tout évidemment risque de créer une distorsion dans les notions de bien et de mal
des enfants qui se mirent dans les gestes de leurs héros car, d'après eux, ceux-ci
ne sauraient être délinquants et encore moins des êtres dépravés. C'est dire que
dans leur petite tête, si Blanche Neige ou Donald s'amusent entre eux avec leurs
organes génitaux, pourquoi ne pourraient-ils pas en faire autant?
Il
faut souhaiter bonne chance aux parents qui auront à départager les bons des
mauvais gestes de leurs idoles. D'ailleurs, comment s'étonner qu'à l'orée de leur
puberté, le seuil de tolérance des ados face au sexe oral en soit venu à considérer
davantage la fellation comme un geste de socialisation (une chose à faire pour être
cool, pour se faire accepter de la gang) qu'une caresse intime et significative, un
« cadeau » réservé dans le contexte d'une relation privilégiée. Ici comme ailleurs,
on assiste à une dérive des valeurs sous prétexte d'être à la mode ; reste à voir
jusqu'où cela va nous mener.
Joie et allégresse
Autre
distorsion toute aussi sérieuse facilitée par l'atmosphère enjouée de la bande
dessinée, c'est qu'en présentant le tout dans un contexte aussi léger, il devient
facile pour les auteurs de suggérer que ces contacts sexuels, y comprises les
dimensions pédophiliques qu'on y présente, se déroulent toujours dans la joie et
l'allégresse. Non seulement y montre-t-on des enfants qui y prennent plaisir, mais
on laisse entendre qu'ils les désirent, allant même jusqu'à les solliciter en
séduisant les adultes de leur entourage. Or puisque c'est justement l'un des
prétextes souvent utilisés par les pédophiles qui prétendent qu'ils ne sont pas des
agresseurs, il y a tout lieu de s'inquiéter qu'on propage de telles faussetés sous
le couvert de la frivolité.
D'où
la pertinence de se demander comment il se fait que les créateurs et/ou les maisons
d'éditions qui, j'imagine, doivent détenir certains droits sur ces « personnages »,
ne réagisse pas plus vigoureusement face à de tels plagiats, surtout dans une
utilisation aussi subversive de leur propriété ? C'est à n'y rien comprendre.
Jamais je ne croirai qu'ils n'en savent rien. Alors, est-ce à cause de complexités
juridiques qui rendent la chose à toute fin pratique infaisable ? On n'ose croire
que ce soit parce qu'il y a tellement d'argent impliqué que certains intérêts
arrivent en conflit ?
Quoiqu'il
en soit, il est primordial que les parents sachent que la porno se retrouve sur des
sites où on l'y attendrait le moins. Pire encore, qu'on l'y présente de la façon la
plus insidieuse qui soit, c'est-à-dire sous les traits souriants des grands amis de
leurs tout petits. Il y a donc péril en la demeure.
Mais
surtout, du moins jusqu'à preuve du contraire, je ne vois pas comment on peut
affirmer que les promoteurs de ces sites s'attirent les foudres de qui que ce soit.
On a plutôt l'impression qu'ils encaissent les profits en toute impunité car, à
voir le rythme auquel ils se multiplient, ils ne semblent pas sentir le besoin de
se rétracter.
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