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Alors me voilà donc arrivée en terre péruvienne. Il est tard, je n'ai pas un sol¹
sur moi. Dans le colectivo qui nous amène vers le centre ville de Tacna²,
je suis assise à côté d'une jeune fille de mon âge qui s'appelle Mirella. Nous
commençons à parler. Elle vient de Lima mais vit maintenant à Tacna parce qu'elle
trouve cette ville plus calme. Elle a gradué depuis peu en tourisme et veut devenir
guide, mais il n'y a pas vraiment d'emploi dans ce domaine alors, elle travaille au
bureau d'optométrie de son frère. Elle me demande où je vais dormir ce soir, je lui
réponds que je ne sais pas. Elle me dit alors de ne pas m'en préoccuper, et qu'elle
se charge de tout. Elle dit au chauffeur d'aller à la station centrale de Tacna, où
il est encore possible de changer des pesos chiliens en soles péruviens. La ville
est endormie et l'unique lumière bleue qui clignote dans la rue indique "
Hôtel ". Nous nous arrêtons, je remercie Mirella et elle me dit: "Je
viens avec toi!
Je vais examiner la chambre pour voir si tout est en ordre et demain après le déjeuner, on se rencontrera. On ira acheter ton billet d'autobus pour Lima à la station d'autobus et après je te ferai découvrir la bouffe typique du sud du pays! " Comment dire non! Elle m'attrape par le bras et nous nous présentons à la réception. Elle discute du prix de la chambre et le réduit considérablement de plusieurs dollars. Elle monte avec moi, inspecte minutieusement la chambre, me dit que tout est sous contrôle et confirme de nouveau notre rendez-vous du lendemain matin à l'entrée de l'hôtel, onze heures du matin.
J'ai
de la misère à croire que je suis devant un lit. Mon dos et mes jambes s'étaient
habitués à l'inconfort du banc d'autobus. Pour avoir de l'eau chaude, il faut peser
sur un bouton et attendre une heure…je décide donc de dormir.
Le
lendemain matin, un gros jus de papaye fraîchement pressé m'attendait au
déjeuner. Je pars fouiner dans les petites rues et me laisse tenter par
l'artisanat local qui est très joli. À onze heures du matin tapant, je
retourne à l'hôtel et Mirella m'attend; c'est fou comme la ponctualité peut avoir
un autre sens à quelques kilomètres de distance entre un pays et un autre. Je
remets mon gros sac dans un taxi et nous nous rendons à la station d'autobus.
J'achète un billet pour Lima, départ : quinze heures. Je commence à respirer mieux, calculant que j'arriverais à dix heures du matin à la capitale et je devrais être à vingt-et-une heure à l'aéroport. Merveilleux! J'aurai du temps pour jouer à la touriste! Je laisse mon sac en consigne et Mirella, qui prend son rôle au sérieux, me fait visiter toute la ville, quelques musées, les parcs et l'église. La ville est magnifique, il fait beau et chaud. Je voudrais bien y rester une semaine. Nous allons manger du ceviche péruvien, (plat de poisson cru avec oignons, macéré dans du jus de citron) et du rocoto relleno (piment peu piquant, vidé et fourré avec du bœuf haché, oignons). J'ai aussi bu un immense verre de chicha morada (boisson faite à base de raisins fermentés, étape avant le procédé pour obtenir du vin).
Le
ventre plein, nous retournons à la station d'autobus. Les au revoirs sont
touchants. Sans elle, je n'aurais pas visité la moitié des lieux où elle m'a amené
et n'aurais pas mangé de si bons plats typiques.
Je
prends place dans l'autobus à destination de Lima, capitale du Pérou. Un trajet qui
durera environ dix-sept heures.Un jeune homme s'assoit à côté de moi dans
l'autobus.
Carlos est natif de Cuzco mais vit maintenant à Lima et travaille au service de la Marine. Je lui raconte mon aventure des derniers jours qui se terminera dans quelques heures et il m'invite chez lui pour déposer mon sac pour la journée, manger et me faire découvrir la ville. J'accepte l'offre de Carlos. Il fait très humide et c'est nuageux en ce matin de début de printemps. Nous arrivons chez lui, un grand appartement au-dessus d'une garderie. La cuisine et la salle à manger se trouvent sur le toit. Il me présente sa mère et, avec fierté, sa fille âgée de deux ans, Tamara, qui l'agrippe si fort au cou que l'on se demande si elle y est collée. Elle s'est ennuyée de son papa. Je lui demande où est la mère de Tamara et il me dit qu'elle est partie à Santiago, au Chili, pour chercher du travail. Il ne l'attend pas avant au moins un an. La mère de Carlos, elle, s'ennuie à Lima et veut retourner à Cuzco où elle a une autre fille qui y vit encore et fait de l'artisanat traditionnel. Après un copieux almuerzo³,
nous sommes partis à l'aventure dans la ville. Arrivés près de la place d'Armes,
j'aperçois un tank et un soldat avec une mitraillette. Je demande alors à mon guide
s'il y a une manifestation ou si un acte terrible venait de se produire. Eh bien
non,
rien d'anormal. Seulement qu'il leur faut bien assurer la sécurité des infrastructures gouvernementales et des gens qui qui se trouvent en arrière de ces portes.
Je
trouvais fascinant de pouvoir marcher dans ces rues centenaires et l'architecture
qui nous rappelait le syncrétisme des peuples suite à la grande conquête. Tout près
de la place d'Armes, en restant toujours dans le coin touristique, on peut visiter
plusieurs églises toutes plus belles les unes que les autres. Il y a aussi les
catacombes que l'on peut voir au musée des Franciscains. Le tour peut être guidé en
anglais sur demande.
Par
la suite, nous avons sauté dans un colectivo et pris la direction de la mer. Il
fallait que je vois l'océan Pacifique une dernière fois avant de revenir au Québec.
La vue et le bruit des vagues m'ont rappelé l'importance que la mer a eu chaque
jour de mes trois derniers mois en Amérique latine.
La
dernière course pour le départ final allait bientôt prendre fin. J'étais dans un
taxi, en route vers l'aéroport, je pensais à plein de choses en même temps comme à
mon ange gardien qui a dû travailler fort pour mettre sur mon chemin des gens aussi
généreux et hospitaliers.
L'aéroport
est bondé. Audrey, arrive. Chouette, je n'attendrai pas seule… ! Et on ne manquera
sûrement pas de sujets de conversation. Bon retour au Québec!
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