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Recluse,
je vis en solitaire au fonds des bois. Mon antre est
invisible pour nombreuses gens car tel est mon
désir. Pour certains je ne suis que fol âme, pour
d'autres c'est la peur au ventre qu'ils s'écartent sur
mon passage. Peu d'entre eux osent venir troubler
le repos de ma tanière, mais même si royaux et manants
me craignent, ils viennent à moi quérir aide et remède
à leur souffrance.
Je
n'eus le choix de mon exil mais en l'heure il m'est
devenu précieux voir même plus agréable et heureux que
ne le fût mon existence passée. Je n'étais pas
des leurs, en ont-ils ainsi décidé. Effroi,
crainte sur mon passage, pour peu que je m'en souciasse
finalement, était lot courant en ce temps déjà
lointain.
Je ne suis point méchante et ne possède apparence si effroyable qu'on se plait à le raconter à travers le pays, mais mon savoir fait de moi un être à craindre et est cause de mon existence solitaire.
Je
sais apaiser fièvres et maux d'être, je
connais les herbes qui guérissent et je puis lire dans
ce qui m'entoure, souffrance et bonheur à venir.
Entre toutes, ceci est cause réelle de mon existence solitaire.
Pour
venir à moi, l'on doit parcourir les bois en suivant la
sente qui borde un léger filet d'eau qui s'écoule en
sinuant la forêt. Près de la source où il prend
naissance, il est une éclaircie qui possède en son
centre un léger tertre ou l'arbre dont les énormes
racines abrite mon âme. L'ouverture en est protégée
mais nul n'est besoin d'annoncer présence pour qui
vient en errance ou par but, je les pressens et connais
déjà la raison
de leur venue dans mon domaine au centre de la forêt.
Si
l'on porte foi aux médisances, je fais le bien autant
que le mal, pourtant mon âme en est des plus pures.
C'est en amie que j'ouvre mes bras et mon humble gîte à qui cherche assistance et réconfort. Je n'ai aucun pouvoir sur les décisions des dieux mais il m'arrive d'entrevoir leurs desseins, puis-je alors par force conseils ou décoctions d'herbes choisies pour leurs vertus, venir amoindrir les afflictions, épreuves et malaises de ceux qui viennent chercher secours de ma main.
Certains
me donne nom sorcière, d'autres
prêtresse ou même croient-ils mon existence appartenir au monde des elfes ou fées de la forêt, pourtant je ne suis rien de tout cela. Je me sais différente mais ma naissance ne recèle aucun de ces mystères que l'on lui prête.
Je
suis fille de paysan qui ne vu pas le premier jour de
mon existence. Ma mère fut la seule personne qui
m'entoura de sa chaleur pendant mon enfance mais son
âme ne résista pas à mon exil et c'est dans un chagrin
sans égal que ses yeux se refermèrent dans un dernier
sommeil. Depuis lors, je n'ai que ma seule compagnie
hormis les animaux qui habitent au cœur de la forêt qui
m'abrite céans.
Pourtant, malgré ceci, mon destin me plait tel qu'il m'est offert. Je sais que les dieux veillent sur moi et que les dons dont ils m'ont pourvu sont cadeaux merveilleux.
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