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Juillet
1999. Ce matin-là, je m'étais levé avec une forte envie
d'aller méditer au bord d'un lac, de communier avec la
nature, l'esprit en paix, puis malgré les assauts
sonores répétés de la circulation, le bruit urbain
ambiant et l'excitation des citadins, je suis parvenu à
conserver cette sérénité jusqu'à ce que. biologie
oblige, j'aille à la salle de bains, puis, dans un
moment d'étourderie, je ferme complètement la porte,
même si j'avais failli, depuis trois jours,
rester enfermé à quelques reprises.
Mais
cette fois, oh surprise, même le ressort ne me permet
plus de ressortir et je me retrouve prisonnier de ce
sauna où les efforts sont habituellement consacrés à
d'autres tâches. Je pousse sur la porte vers le haut et
j'appuie sur le ressort, oh hisse, coup de popotin dans
la porte. aucun résultat. Si seulement j'avais apporté
avec moi mon cellulaire pour aller larguer! Toujours
est-il qu'après 50 minutes d'un combat acharné, trempé
de sueur comme un porc épique, j'ai fini par triompher
de ces gonds qui m'avaient fait sortir des miens, ce
qui m'a rassuré sur mes capacités mémorielles, car tous
mes souvenirs religieux ont refait surface pendant que
je forçais comme le célèbre bouf de la crèche. Quelle
joie de retrouver sa liberté après une telle épreuve,
moi qui croyais ma dernière heure venue!
Tu
parles d'un endroit pour casser sa pipe! J'en avais
littéralement ras-le-bol et bien sûr, j'aurais pu en
profiter pour faire ma toilette, mais à 30 degrés, la
selle s'y use. Une fois libéré de ma geôle, je me suis
précipité vers le bureau d'administration de la tour de
Bébelles pour relater ma traumatisante aventure. Quinze
minutes plus tard, un employé d'entretien à rabais, à
rabot québécois (originaire d'Égypte en Québec) faisait
crisser et sortir la porte de ses gonds. Inutile
d'ajouter qu'il rigolait à plein clapet en découpant
les contours de cette porte-malheur!
Le
soir même, je siégeais avec joie au conseil
d'administration d'un organisme que d'aucuns
décriraient comme puant où je fus, toujours sur le coup
de la claustroeuphorie consécutive à mon internement
temporaire, pris d'un fou rire hystérique. J'imagine
d'ici ce que peut représenter une journée complète au
petit endroit, en selle sur l'absurde. Certains s'y
plairaient sans doute, mais moi je commençais
sérieusement à pomper.
D'accord,
les personnes plus patientes et possédant plus d'aplomb
rient, mais il était drôlement temps de sortir la porte
et le forcené de leur cadre, un véritable cas
d'évacue-homme.Juillet 2000, 17 heures, j'ouvre la
porte-patio menant au balcon de mon appartement pour
aller prendre un peu de soleil et je m'allonge dans une
chaise longue, refermant entièrement la porte.
Dix
minutes plus tard, j'essaie d'ouvrir la porte-patio et
oh, surprise, j'ai beau tenter de toutes les manières
possibles et imaginables de réintégrer l'appartement,
me voici prisonnier du balcon et encore une fois sans
mon téléphone cellulaire. Comme les balcons sont
attenants à une grande terrasse sur laquelle on peut se
promener, je décide d'aller cogner chez ma voisine, une
septuagénaire qui, je l'espère, ne prendra pas peur en
me voyant arriver par cet endroit peu usité.
J'entreprends
de cogner dans sa vitre et elle ouvre sa porte sans
grande surprise. Je lui explique donc que je me suis
enfermé dehors. La dame téléphone à l'administration
pour qu'on vienne m'ouvrir la porte et en attendant, je
m'assois tranquillement en continuant la lecture de mon
livre.
Soudainement,
j'aperçois le concierge qui s'est occupé de la porte de
ma salle de bains l'année précédente qui me toise, le
visage illuminé d'un large sourire. Il ouvre la
porte-patio et dit qu'il a cru, en m'apercevant
tranquillement en train de lire, qu'il s'agissait d'une
plaisanterie. Une heure de plus et ma partenaire de
tennis, qui est une lectrice assidue du magazine,
aurait fait le pied (et n'aurait certainement pas pris
le sien) de grue devant le parc Jeanne-Mance. Non, ce
n'était pas une histoire d'amour, mais bien l'exploit
du plombier et menuisier Roméo et juillet.
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