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La
première lune de la nouvelle année brillait de tous ses
feux par la pureté de son visage contrastant avec le
ciel bleu mystique et s'apparentant avec la terre
recouverte de son léger manteau blanc.
Fascinée
par celle-ci et pour mieux la contempler avec mes
grands yeux de hibou, je m'approchai de la fenêtre et
vis un jeune homme dénudé, les pieds dans la neige,
cachant son sexe dans un caleçon pâle comme sa peau.
Les deux bras en l'air, face à la lune, il prenait de grandes respirations tout en se frappant le torse nu, à la manière primitive. Il se pencha, prit le seau d'eau et en le versant au-dessus de sa tête s'en aspergea le corps entier. Avec ses mains, il fit lentement le geste de se laver malgré ce froid sibérien. On vit, autour de lui, une brume vaporeuse comme une aura enveloppant son long corps maigre. Il répéta ce rituel une seconde fois comme une sorte d'initiation purificatrice, à la manière d'un yogi ou encore, pour accueillir la première lune et saluer la nouvelle année qui commence ou peut-être n'était-ce que pour se rafraîchir les esprits tout en expulsant de son corps le reste des vapeurs résultant des bacchanales. Ensuite, il se revêtit de sa robe de chambre qu'il avait accrochée à la porte et franchit le seuil de "sa maison". Ceci peut paraître bizarre, voire étrange comme dans un rêve ou un conte de Pirandello, mais pour lui ce geste était rempli de sens.
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