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Brocéliande, an de grâce 1309
Cher et tendre ami,
C'est
le cœur lourd que je vous écris cette missive, qui je
le sais, vous sera des plus douloureuse à sa lecture.
Croyez-moi, cher ami, il en fut autant de même pour moi
tout au long de son écriture.
Mon
cœur, ce jeune écervelé, s'est vu durement remettre au
pas par le retour fracassant et sans pitié de ce que
l'on nomme le devoir. Il s'en était, sans nul doute,
détourné sans vraiment en avoir conscience. Et bien
qu'il y prit beaucoup de joie et de plaisir, il doit
aujourd'hui se reprendre et retourner à ce qu'il ne
peut ni ne doit éviter et encore moins changer.
Sachez
bien que c'est après maintes hésitations et réflexions,
passant de larmes de désespoir à de convictions
profondes de la réelle nécessité d'une telle décision,
que je me résolu à cette dernière.
Nous
ne pouvons traverser notre entière existence oscillant
constamment entre joies et chagrins. Je me dois de
poursuivre le chemin tracé au départ et ne peut m'en
détourner. J'ai le devoir et l'obligation de le mener à
son terme. Ce qui a été entrepris jadis doit être
conclu. Je n'en ai point le pouvoir d'en décider ou
d'en disposer autrement.
Vous
resterez en ce cœur l'ami fidèle que vous fûtes
toujours mais c'est là la seule place qu'il peut
désormais vous offrir. Le choix de vous en prévaloir
vous appartient. S'il vous prenait désir de n'en point
vouloir, auquel cas je ne vous en tiendrais aucunement
rigueur comprenant fort bien que cette amitié que je
vous offre bien sincèrement ne vous convienne qu'à
demie.
Je
vous quitte en espérant que cette lettre ne demeurera
pas malgré tout la dernière et que vous prendrez
réflexion tout comme moi je le fis à l'amitié profonde
qui pourrais demeurer entre nos deux âmes.
À très bientôt, je l'espère, cher ami,
Héliade d'Avallach
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