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Depuis
que le monde est monde, l'humanité se fait la guerre.
Que sont les livres d'histoire sinon une série de dates
de batailles et de conquêtes? Des simples guerres
de clans préhistoriques jusqu'aux armes nucléaires
modernes, il y a une constante : l'incapacité de
l'homme à s'entendre avec son semblable.
Ce
qui n'arrange pas les choses, c'est que l'homme
lui-même est une ambivalence. Par exemple, il organise
des marches pour la paix qui tournent à la violence; on
voit les tenants du mouvement pro-vie tenir des
discours parfois si virulents qu'on croirait qu'ils
veulent mettre à mort les partisans de l'avortement et
de la peine de mort.
Bref, on veut la paix, mais on est prêt à se battre à mort pour l'obtenir.
Comment
se fait-il qu'on XXIe siècle, la science ait évolué au
point d'envoyer des sondes sur Mars mais qu'on ne
comprenne pas encore l'A-B-C du comportement
humain? L'humanité serait-elle vouée à
s'auto-détruire?
L'autre
jour, je regardais un reportage à la télé sur
l'histoire de l'humanité. On y expliquait que l'arrivée
de l'homme sur terre est un phénomène tout récent par
rapport à l'âge de la planète. Pour illustrer cette
idée, on avait étalé l'histoire du monde sur une
échelle d'un an : le 1er janvier représentait la
naissance de la terre et le 31 décembre, notre siècle
actuel.
Sur cette échelle de douze mois, l'arrivée de l'homme se situait très tard, c'est-à-dire à la toute fin du mois de novembre. Donc, pendant presque toute la durée de son histoire, la terre et ses habitants avaient vécu en parfaite harmonie. Et puis soudain, l'homme était apparu. Et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, il avait réussi à annihiler des millions d'espèces animales et végétales, à polluer l'air et l'eau, à raser les forêts et à saigner les rochers de leurs minéraux. Et voilà qu'il s'apprêtait maintenant à s'anéantir lui-même.
Comme
bien des gens, je me dis alors : est-ce vraiment là
notre sort ou bien y a-t-il une solution qui nous
échappe?
Et si elle existe, cette solution, pourquoi ne l'a-t-on pas encore trouvée? Et puis comment espérer établir la paix entre les nations quand on n'arrive même pas à s'entendre entre membres d'une même famille, entre voisins ou même à l'intérieur d'un couple?
Si
l'on est de sexe féminin, il est dangereusement tentant
de blâmer tous les maux de la société sur le mâle de
l'espèce. J'avoue que mon éternel féminin fabule
parfois en imaginant un scénario de science-fiction,
c'est-à-dire un monde où le taux de testostérone serait
contrôlé afin que nos hommes se comportent comme des
agneaux.
Mais
alors, que ferions-nous d'hommes efféminés, sans
muscles et sans estomac?
Nous, les femmes, on nous a habituées à mieux que ça, n'est-ce pas? On aime bien que nos hommes se tiennent debout. On veut des hommes roses, pas des mauviettes.
Non,
vouloir changer les hommes n'est pas la solution, pas
plus que vouloir remplacer le patriarcat par le
matriarcat.
Rien ne prouve que les femmes à elles seules géreraient la planète mieux que leurs compagnons. Ce serait différent, certes. Mais mieux?
Je
vous entends grincer des dents, chères soeurs, et je
m'explique. N'oublions pas que nous, les femmes,
nous nous battons vertement nous aussi; pas de la même
manière que les hommes mais tout aussi violemment.
Nous sommes passées maîtres dans l'art de manipuler. On se démolit mutuellement à coups de mots méchants, des mots capables de blesser mortellement l'amour-propre. On ruse, on s'invective avec le sourire, on se fait des vacheries. Bref, nous ne sommes pas des anges. Ceci dit, les statistiques démontrent qu'on n'a pas la gachette facile comme nos hommes - les assassins, les tueurs en série et les dictateurs accusés de crimes contre l'humanité sont rarement des femmes. Et c'est peut-être dans ce constat que se trouve le salut de l'espèce.
Pour
éviter le recours automatique aux armes dès qu'un
conflit s'annonce, il faudrait donc la voix des femmes
pour tempérer l'esprit martial. Pour cela, il
faudrait d'abord en arriver à un équilibre entre les
sexes. Il faudrait donner sa chance au coureur et
envisager un monde qui accorderait autant d'importance
aux valeurs féminines et masculines. Un monde où
les livres d'histoire ne parleraient pas que de
tueries, mais aussi de collaboration, d'écologie et de
vénération pour ce qui vit.
Imaginez
: s'il y avait autant de femmes que d'hommes à l'ONU et
dans tous les parlements du monde, peut-être
aurions-nous droit à une meilleure qualité de vie et
arriverions-nous à des consensus viables pour régler
nos différends?
Il
reste malheureusement encore beaucoup de chemin à
parcourir avant d'en arriver là. Les nations les
plus évoluées du point de vue de l'égalité des sexes
sont encore une minorité. Même les femmes qui
détiennent du pouvoir dans les pays soi-disant évolués
doivent encore se comporter en hommes pour être
respectées.
Non,
il n'y a pas de solution miracle à court terme.
Mais je suis convaincue qu'une meilleure répartition du pouvoir contribuerait à un sain équilibre et améliorerait grandement nos chances de survie.
Give
peace a chance, disait John Lennon.
Il faut tendre vers la paix, certes, mais il faut le faire ENSEMBLE. Si l'histoire prouve une chose, c'est que laissés à eux-mêmes, nos hommes ne sont pas encore arrivés à établir une paix durable.
Give women a chance!
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