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L'être
humain, dit-on, perçoit le monde qui l'entoure à l'aide
de cinq sens : le toucher, l'ouïe, la vue, l'odorat et
le goût.
Le sens du toucher est, selon les experts, de loin le plus important pour le bébé naissant car à ce stade de sa vie, c'est par le toucher qu'il perçoit le mieux la présence sécurisante de sa mère. Plus tard, le sens du toucher continue d'enrichir les rapports humains mais sert également à alerter l'organisme lorsqu'il y a danger de blessures corporelles (lésions, brûlures, engelures, etc.).
Le
sens de l'ouïe facilite la communication et peut être
salutaire en nous prévenant de l'approche du
danger. Autrefois, c'était l'ours ou le tigre ;
aujourd'hui, ça peut être l'automobile ou le train.
Le
sens de la vue, quant à lui, semble avoir acquis une
importance primordiale pour l'homme moderne.
En effet, nos modes de locomotion et de communication (lecture, télévision, ordinateurs) reposent sur notre sens de la vue. Nos systèmes de références sont en majorité visuels et même les gestes auditifs tels la syntonisation d'une station de radio ou l'utilisation de sonars se font à l'aide de support visuel.
Le
goût et l'odorat, toutefois, ont perdu de leur acuité
chez l'homme au fil de son évolution.
Freud est d'avis que le sens de l'odorat chez l'homo sapiens a commencé à se détériorer le jour où il a adopté la position debout — son nez ne pouvant plus flairer le sol d'aussi près. De nos jours, les sens de l'odorat et du goût ajoutent à notre qualité de vie. Mais ils nous ont déjà été salutaires, jadis, lorsqu'on vivait en pleine nature et que l'on se nourrissait de ce qui nous tombait sous la main. Au XXIe siècle, nul n'a plus besoin de sentir ou de goûter les aliments au supermarché pour s'assurer qu'ils sont comestibles ou sans danger.
Bref,
nos cinq sens ont tous contribué à assurer notre survie
en tant qu'espèce, parce qu'ils nous ont permis de bien
nous adapter aux conditions de vie terrestre.
Mais avez-vous déjà songé qu'il existe peut-être d'autres sens que nous ne connaissons pas?
La
nature abonde en exemples étonnants : bien sûr, il y a
les chauves-souris qui sont dotées d'une espèce de
sonar qui leur sert d'yeux ; mais il y a aussi les
abeilles qui, par une danse complexe qui nous est
totalement incompréhensible, communiquent entre elles
et s'échangent des renseignements précieux sur le
trajet à suivre pour trouver du pollen ; certains
papillons, mâles et femelles, s'appellent mutuellement
à des kilomètres de distance ; il y a aussi ces
merveilleux monarques qui font un pélerinage tous les
ans vers un tout petit village du Mexique où ils se
retrouvent par milliers ; et puis il y a les saumons
qui remontent les fleuves sur des centaines de
kilomètres pour aller pondre leurs oeufs dans le petit
ruisseau qui les a vu naître tandis que les oiseaux
migrateurs et certains mammifères, tels les caribous,
font chaque année de longs périples vers des contrées
plus clémentes.
On
ne peut encore que spéculer sur ce qui guide ces
créatures et on met ça sur le compte de
l'instinct. Mais cette faculté reste un mystère,
même pour la science moderne.
Ces bêtes posséderaient-elles d'autres sens que les nôtres?
En
pensant à tout cela, je me suis posé la question
suivante : imaginons, juste pour le plaisir, que nous
n'ayions pas seulement cinq, mais plutôt six, sept ou
même dix sens. Quels seraient-ils et quelles
merveilles insoupçonnées nous permettraient-ils de
percevoir?
Je
fabule, bien sûr. Mais si notre environnement
terrestre ne nous a pas obligés à développer d'autres
sens pour survivre, peut-être existe-t-il des sens
inédits ailleurs, sur d'autres planètes?
Si
l'on songe à l'infinité du cosmos et à l'infinnité de
planètes qui y circulent, est-ce si absurde de penser
qu'il puisse exister d'autres écosystèmes habités par
des êtres vivants? Des êtres qui ont recours à
d'autres sens que les nôtres, parfaitement adaptés à
leur environnement? Je ne songe pas
nécessairement des mammifères comme nous, avec une
tête, deux yeux, des membres et un sexe, mais à des
êtres dont on ne peut même pas s'imaginer l'aspect tant
ils nous seraient étrangers?
Quitte
à en faire sourire quelques-uns, je dirais que c'est
plutôt le contraire qui me paraît improbable.
En fait, il me semble qu'il faut être drôlement culotté pour croire que nous, petits terriens, sommes les seuls détenteurs d'une quelconque forme de vie dans tout l'univers.
Mettons
notre égo de côté pour un instant et oublions les
enseignements de la civilisation judéo-chrétienne qui
place l'homme en tête de la création, suivi des
animaux, des plantes et des minéraux. Imaginez un
peu : s'il y avait des créatures qui se situaient
plus haut que nous dans cette hiérarchie, c'est-à-dire
des êtres plus perfectionnés.
Et si ces êtres vivaient parmi nous mais que, limités par nos cinq sens, nous étions tout à fait incapables de les percevoir?
Oups!
* * * * *
La
petite fourmi avance sur le trottoir et n'a aucune
notion de qui vous êtes ; elle ne perçoit de vous
qu'une ombre mouvante.
Elle suit son petit bonhomme de chemin sans vous voir car à ses yeux, vous n'êtes pas plus important, ni même très différent de l'arbre qui se balance au vent ou du nuage qui flotte là-haut. La complexité de l'être humain que vous êtes dépasse son entendement.
Et
si nous n'étions que des petites fourmis vivant parmi
des êtres infiniment plus complexes qui échappent à
notre conscience? Espérons seulement qu'ils ne
seront pas trop maladroits et qu'ils auront soin de ne
pas mettre le pied dans la fourmilière...
Faites de beaux rêves.
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