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Mon tendre aimé,
Seul
le réconfort de votre amour et la chaleur de vos bras
combinés à votre tendresse suffiront à la guérison de
votre gente dame, n'ayez crainte. Et pour vous cela
suffirait-il ? J'ose l'espérer, car il vous serait
offert avec tout son cœur…
Vous
êtes, cher chevalier, ce que j'ai de plus cher à mon
âme, en dehors de ma famille. Vous fîtes votre entrée
dans ma vie et dans mon cœur tel une lumière. Lumière
dont je ne puis me passer depuis lors. Mon cœur
abandonné depuis trop longtemps, n'attendait que vous.
Vos
écrits doux et passionnés à mon cœur ont manqué, mon
tendre amour. Ne cessez point votre douce prose mon
ami, elle m'enflamme tant le cœur et l'esprit… de
pouvoir vous lire, amoindri légèrement l'attente
douloureuse de votre retour.
Nul
n'a su plus que vous atteindre mon cœur depuis tant
d'années. Et moi, de vous imaginer encore sur votre
blanc destrier sous mes fenêtres, l'épée à la main,
prêt à enlever, sans peur et au su de tous, moi,
l'objet de votre passion vers votre lointain domaine.
À
cette idée mon cœur s'emballe et serait-ce au bout du
monde, nul lointain pays et nul être sur terre n'aurait
su m'empêcher ni ne me retenir de vous suivre.
Rassurez-vous,
mon cher époux, mon cœur vous est acquis à demeure, que
devrai-je faire pour que jamais vous ne l'oubliiez ? La
peur de ne jamais voir notre lit honoré de nouveau de
votre présence me hante. Vous êtes mon tendre amour, la
vie en mon âme, ne vous l'ai-je point déjà fait
connaître ?
Ne
vous aurais-je donc pas fait de tels aveux il y a peu ?
Ma mémoire se jouerait-elle de moi à ce point ? Votre
absence nous pèse à tous deux je le crains.
Mais
l'on vous mande ailleurs de nouveau mon noble
chevalier. Cette nouvelle que vous m'annoncez dans
cette dernière missive me désole tout autant que vous.
Votre retour tant attendu sous peu devra donc attendre
encore.
Notre
roi ayant fort à faire, requiert les services de votre
épée, me dites-vous. Quoique cette annonce jette une
grande désolation en mon être, je ne puis que
m'incliner devant les désirs de notre souverain.
N'avez-vous pas juré fidélité à notre roi et de
défendre veuves et orphelins ? J'attendrai donc des
nouvelles missives écrites de votre douce plume, celle
dans laquelle vous m'annoncerez enfin votre retour en
notre demeure.
N'ayez
nul crainte, mon âme, je ne me languis que de mon
tendre seigneur, vous, seul maître en mon cœur tout
comme en votre château.
Votre gente dame,
Héliade d'Avallach
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