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J'étais pourtant prêt à mourir...
Mais le destin voulait que je sois
« prêt à renaître »
Chers
lecteurs & lectrices, n'hésitez pas à communiquer avec moi, si vous avez un
témoignage que vous souhaiteriez nous partager.
C'est
en 1981 qu'un événement à la fois tragique et merveilleux a complètement
changé à tout jamais le parcours de mon existence. Ces souvenirs sont encore
aujourd'hui si vivaces, si présents en mon esprit que je n'éprouve aucune
difficulté à vous les relater.
J'aimerais
surtout dire à vos lecteurs que la raison principale pour laquelle j'accepte ici de
me confier, c'est parce que je suis convaincu que ce récit permettra réellement de
venir en aide à plusieurs d'entre vous.
L'idée
de mourir fait souvent peur à la majorité des gens, surtout parce qu'il s'agit de
l'inconnu, mais lorsqu'on passe par là et que de surcroît on a eu la chance d'être
préparé à l'accepter, c'est probablement différent.
J'étais
âgé d'à peine 38 ans, lorsque je fus subitement paralysé, foudroyé d'un
anévrisme cervical sans qu'aucun signe précurseur ne m'y ait préparé. Je me
retrouve soudain avec la moitié du corps paralysé, exigeant qu'une intervention
chirurgicale soit réalisée de toute urgence.
Celle-ci
diagnostiqua d'importantes complications en raison d'une double bulle, située dans
l'étroit passage d'une veine du cerveau. Conséquence, les médecins renoncent à
poursuivre toute chirurgie, je suis considéré par la science comme un cas perdu.
Pendant
plus de trois semaines, je passe d'un état comateux à de faibles périodes de
demi-conscience.
Mon épouse de son côté, multiplie les démarches jusqu'à ce qu'elle parvienne à dénicher et à convaincre le plus grand spécialiste en la matière, de tenter l'impossible. Il accepte, mais tout en refusant de se prononcer sur mes faibles chances de survie.
Pour
ma part, je finis graduellement par accepter l'inévitable échéance d'une mort qui
semblait pencher bien lourdement dans la balance des probabilités. Je rédige mon
testament, en essayant de me convaincre que l'éventualité de passer le reste de mes
jours paralysé, ne serait pas non plus une alternative des plus réjouissante.
J'avoue
que le plus difficile était d'accepter de me détacher de mes enfants, tout deux
âgés de moins de dix ans. Ils étaient si jeunes et ils avaient besoin d'un père,
j'étais bouleversé, et si déchiré à l'idée de les quitter à tout jamais.
Je
n'avais jamais été un fanatique de la religion, je croyais, je pratiquais, je
travaillais à acquérir une sécurité matérielle confortable, j'étais un peu comme
tout le monde quoi.
Pourtant
en ces moments précis où je me rendais à la salle d'opération, j'étais convaincu
que si Dieu avait décidé de me rappeler à lui, c'est parce que cela devait se
passer ainsi. Au fond j'avais tout accepté et j'étais vraiment persuadé que
j'allais mourir.
Je
n'ai jamais eu le temps de voir mon corps flotter dans l'espace, parce que tout
c'est passé à une vitesse vertigineuse. Pourtant chacune de ces images me revient
fidèlement comme un film extrêmement détaillé qui se déroule avec une précision
remarquable.
Je
suis projeté à une vitesse inimaginable à travers un étroit tunnel noir, d'une
longueur interminable. J'étais littéralement aspiré en direction d'une
lumière si intense, qu'elle dépassait en éblouissement tout ce que vous pourriez
imaginer.
Je
me rappelle m'être interrogé « comment cette lumière peut-elle être si
puissante et ne pas me brûler totalement la vue? »
Aussitôt
arrivé au bout du tunnel, j'ai pénétré dans cette lumière impressionnante. À ce
moment précis, je me suis senti moi aussi devenir une forme d'énergie, c'est une
expérience stupéfiante, d'une puissance indescriptible.
Je
me sentais tellement rempli d'une force si incomparable, que rien au monde ne
pourrait jamais me la faire oublier. J'étais totalement enveloppé d'une sensation
de bien-être et de liberté, qui dépasse de loin tout ce que les mots ne pourraient
exprimer.
Devant
moi s'étendait une vue panoramique extraordinaire où flottaient en douceur de
merveilleuses formes blanches, d'autres roses et certaines d'un magnifique doré.
Puis,
sans qu'aucune pensée sur mon existence ne me traverse l'esprit, je commence à
revoir chaque scène de ma vie, dans l'ordre chronologique de un à 38 ans.
Ce
qui m'impressionnait le plus, c'était que le déroulement de ces images ne se fixait
pas spécialement sur les moments que je considérais être les plus importants de ma
vie, mais plutôt sur les moments précis où j'avais pris ces décisions.
Ainsi
donc, je revis l'instant même où bébé j'avais décidé d'apprendre à marcher, tout
comme je revis l'instant précis où je choisis de me marier, plutôt que celui où fut
célébré mon mariage.
Cette
expérience, fut d'une grande richesse pour moi parce qu'elle me permettait de
comprendre qu'à chaque fois que j'avais fait usage de mon libre arbitre, soit en
m'engageant dans telles décisions importantes ou en aidant à avancer ceux qui
m'entourent etc. combien tout cela m'avait permis de grandir.
En
fait, je pris conscience d'une chose extrêmement importante « Je suis
personnellement responsable de tout ce que j'ai créé dans ma vie ». Le plus
merveilleux, c'est d'avoir pu réaliser tout cela en toute confiance, enveloppé
d'une totale sérénité, sans être envahi par les remords ou la culpabilité.
On
me permettait simplement de comprendre quelle était la direction que j'avais
personnellement choisie de donner à ma vie. D'un seul coup, j'en comprenais
soudainement tout le sens, je réalisais désormais sur quoi reposaient toutes mes
actions et surtout les conséquences de chacune de mes décisions ou indécisions.
Au
cours de cette importante introspection que je qualifierais d'élévation de
conscience parce qu'il nous est enfin permis de tout comprendre, je n'ai pas
rencontré de personnage, bien que je ressentais constamment une présence invisible
et bienfaisante veillant sur moi.
Partout
où je regardais, s'étendait un paysage d'une beauté inimaginable rempli de lumières
qui se mouvaient sans cesse, en une sorte d'aurores boréales.
Puis,
pendant que je réalisais à quel point je me sentais extrêmement bien en ces lieux
baignés d'un bonheur absolu, se dessina petit à petit devant moi, ce qui m'a semblé
être un personnage âgé personnifiant à la fois la sagesse et l'autorité.
Il
leva les deux bras, les paumes de ses mains face à moi, comme s'il me signifiait
stop! Tu n'es pas prêt, retourne d'où tu viens, ce n'est pas ton heure. À peine
avais-je compris qu'on me refusait le ciel que je fus de nouveau aspiré à une telle
vitesse qu'en moins d'une seconde, j'avais déjà réintégré mon corps physique.
Je
me rappelle à quel point j'étais fâché à mon réveil. « Qu'est-ce que je fais
ici? Comment pouvais-je accepter mon retour après tout ce que j'avais vécu de si
extraordinaire?
Mais
pourquoi donc me refusait-on le ciel? Personne ne possédait de réponse à mon cri de
détresse angoissé, ni les infirmières, ni aucun médecin ne m'offraient la
compréhension ou la réceptivité que je recherchais. J'étais si profondément seul,
me sentant triste, désarmé, rejeté.
Du
côté santé, il me fallut tout réapprendre à zéro et ma mémoire ne coopérait pas
beaucoup après toutes ces journées de coma accumulées. Parfois, les moments
d'apprentissage devenaient si difficiles que le découragement aurait pu me faire
penser au suicide.
Heureusement,
je parvenais toujours à puiser suffisamment de force intérieure pour y renoncer,
sachant trop bien à quel point l'usage du libre arbitre excluait et interdisait, de
mettre fin prématurément à nos jours.
Je
savais qu'il nous était défendu d'abréger ce parcours d'évolution parce que c'était
précisément ce que notre âme avait choisi de venir accomplir.
Ce
n'est que six ans plus tard que je reçus lors d'une méditation dans un monastère,
les précieuses réponses à mes interrogations. On ne m'avait pas refusé le
ciel sous prétexte que je ne le méritais pas comme je l'avais cru, mais plutôt afin
que je poursuive sur terre dans l'amour ce que j'étais venu y accomplir.
N'avais-je
pas eu la chance au moment de ma mort d'en saisir tout le sens et surtout, d'avoir
pu comprendre l'implication et la portée de chacune des décisions que mon libre
arbitre choisissait d'accomplir.
C'était
désormais clair, je devais continuer mon parcours en étant plus conscient de
l'amour et du respect que j'étais venu partager.
À
partir de ce jour, ce fut comme une deuxième vie qui commençait. Chaque fois que
l'occasion se présente j'essaie de venir en aide ou d'être utile aux autres. C'est
devenu d'une extrême importance pour moi, cela motive tous mes gestes et chacune de
mes pensées.
J'essaie
de dégager le plus d'amour possible et je réalise que c'est plus facile lorsqu'on
parvient à éliminer le doute et les peurs. Après tout, de quoi aurais-je peur,
puisque je sais désormais que la mort n'est qu'un passage et que l'amour de Dieu
est si immense qu'il dépasse tout entendement.
Lorsque
je choisis d'emplir mon coeur des pensées de son Amour, je sais que tout ce que
j'entreprends peut réussir.
L'un
des principaux objectifs de ma retraite sera de me consacrer à l'accompagnement des
mourants. Lorsqu'on a eu la chance d'apprivoiser sa mort, on sait qu'on peut
trouver les mots qui réconforteront et combleront ce vide que représente pour
plusieurs la peur de l'inconnu.
Je
sais que je n'ai pas rêvé cette expérience, elle a vraiment été tout ce qu'il y a
de plus réel qui soit. Aucun rêve du reste, ne serait parvenu à transformer si
profondément ma façon de voir la vie désormais.
Ma
mère a aujourd'hui 83 ans, elle non plus ne craint pas la mort parce qu'elle l'a
frôlé de très près, il y a de cela plus de 62 ans maintenant. Pourtant elle se
rappelle comme si c'était hier, de s'être rendue au bord du tunnel, alors qu'elle
était très jeune.
À
cette époque l'Église lui avait formellement interdit d'en parler, préférant même
invalider ses propos. Jamais plus elle ne s'était ouverte sur le sujet avant que je
lui en parle récemment.
Imaginez!
Croyez-vous qu'un simple rêve puisse demeurer aussi vivant toute une vie,
certainement pas. Il m'avait fallu complètement rééduquer ma mémoire car plus rien
ne parvenait à s'y enregistrer, et pourtant cette expérience, elle ne s'est jamais
effacée, ni même estompée.
Il
est très important que les personnes ayant vécu une visite aux frontières de la
mort sortent de leur silence et racontent tout ce qu'elles ont vécu. Je sais mieux
que quiconque combien cela représente un profond besoin pour eux.
Si
vous souhaitez consulter mon précédent témoignage, dont celui-ci s'inspire, vous
pouvez vous référer au livre « Le voyage Interdit » sous la plume de Mme
Denise Neveu. Personnellement j'aurais plutôt donné comme titre à ce livre le beau
voyage, puisque à mon sens les seuls véritables voyages considérés comme interdits
sont ceux du suicide.
Oui,
ce fut véritablement pour moi un très beau voyage que cette extraordinaire
expérience aux frontières de la mort. Celle-ci a vraiment entièrement transformée
mon attitude face à la vie.
Mes
proches savent combien j'ai changé, j'exprime maintenant mes véritables sentiments,
je suis beaucoup plus près des vraies valeurs, plus humain moins matérialiste, plus
authentique, plus serein, plus altruiste, plus compatissant envers chacun.
En
un mot, oui! Je communique plus d'amour autour de moi, parce qu'il m'énergise
davantage. Je suis peut-être plus émotif et plus sensible que l'homme que j'étais
autrefois, mais aujourd'hui je me sens tellement plus près de mon intuition et
croyez-moi elle ne me trompe pas.
Je
réalise aussi que non seulement je vois la vie bien différemment mais de plus je
suis continuellement à l'écoute ou à la recherche de nouvelles découvertes
intérieures. Qu'il s'agisse de livres, d'échanges, de confidences, d'expériences
variées, ces sources m'apparaissent toutes comme de précieux cadeaux du ciel placés
sur ma route pour m'ouvrir les yeux.
J'espère
que mon témoignage a su vous transmettre une partie de ce merveilleux amour qui
m'habite et puisse surtout vous encourager à ne plus craindre le passage de la
mort, qui nous rapproche de l'Amour infini de Dieu.
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