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CONNAISSEZ-VOUS
BIEN CE QU'EST L'OSTÉOPATHIE? Il s'agit plus spécifiquement de la médecine
SPORTIVE. Trop souvent, nous ne possédons qu'une idée très sommaire du véritable
rôle d'un ostéopathe. Voici enfin l'occasion de mieux comprendre cette spécialité
grâce à mon entrevue réalisée auprès de quelques spécialistes.
Les
thérapeutes en ostéopathie sont habituellement emballés par tout ce qui concerne
l'anatomie. Bien qu'il existe nécessairement du cas par cas, plusieurs d'entre eux
font leurs débuts en travaillant comme thérapeute dans une clinique du sport
C'est
ainsi que certains trouvent leur voie surtout s'ils sont principalement à la
recherche d'une démarche à la fois plus globale et plus manuelle. L'ostéopathie
offre justement cette approche bien particulière. En général, plusieurs patients
peuvent les consulter pour une même blessure et, pourtant, chacune d'elles peut
provenir de causes différentes. Cet aspect comporte de ce fait beaucoup de variété
et permet de rendre ce travail stimulant sans jamais être monotone.
J'AI
RENCONTRÉ DIFFÉRENTS OSTÉOPATHES AFIN DE LEUR POSER DES QUESTIONS POUR VOUS.
C.J.
- À QUOI POURRIONS-NOUS RECONNAÎTRE LES APTITUDES D'UNE PERSONNE LUI PERMETTANT DE
SE RÉALISER DANS CE DOMAINE? OU ENCORE, QUELS CONSEILS DONNERIEZ-VOUS À DES JEUNES,
OU MÊME À DES MOINS JEUNES, QUI ASPIRENT À SE FORMER DANS CE DOMAINE?
Réponse
- Premièrement, il faut qu'une personne aime beaucoup le contact humain. Il faut
également qu'elle possède de très belles qualités d'empathie puisque nous avons
constamment affaire à une clientèle de gens souffrants. Il faut donc comprendre ce
que vit le patient et être animé d'un profond désir de lui venir en aide afin de le
soulager. Je crois sincèrement que les habiletés d'un bon ostéopathe vont de pair
avec les valeurs fondamentales de sa personnalité. Il y a bien sûr l'importance
d'une formation médicale de base, mais ensuite viendra toute l'expérience qui se
rattachera à la pratique et encore à la pratique. Je crois également qu'il sera
indispensable pour le praticien d'éviter de s'enfermer dans un dogme en restant
constamment ouvert à tout ce qu'il peut apprendre de nouveau grâce aux différents
cas qui se présenteront à lui, et ce, pour en tirer des leçons. C'est ainsi qu'il
sera en mesure de toujours dépasser les limites de ses connaissances et d'améliorer
son expertise.
C.J. - QUELS PROBLÈMES RENCONTREZ-VOUS LE PLUS FRÉQUEMMENT?
Réponse
- De prime abord, on pourrait penser que les ostéopathes reçoivent uniquement une
clientèle sportive, mais c'est loin d'être le cas. En fait, 75 % de nos clients
consultent pour des problèmes de dos, de cou et tout particulièrement pour des
problèmes de maux de tête, surtout lorsqu'il s'agit de migraines chroniques.
Certains d'entre nous vont même développer des spécialités pour cette approche. De
ce fait, le réseau fait en sorte de recommander les thérapeutes selon les forces de
chacun. Les problèmes pour lesquels on nous consulte peuvent être très
variés : asthme, troubles digestifs, etc.
C.J.
- DONC, CONTRAIREMENT À LA CROYANCE POPULAIRE, UN OSTÉOPATHE NE TRAITE PAS
UNIQUEMENT DES BLESSURES SPORTIVES OU MUSCULAIRES?
Réponse
- Au début de sa carrière, un ostéopathe reçoit davantage des sportifs, mais, par
la suite, c'est vraiment Monsieur et Madame Tout-le-monde qui le consultent. Mais,
quel que soit le problème rencontré, le patient ressort pratiquement toujours d'une
rencontre avec un certain nombre d'exercices à faire entre ses visites. D'ailleurs,
si le patient veut réellement progresser il est du devoir de l'ostéopathe
d'insister sur l'importance de ces exercices pour contribuer à un rétablissement
plus rapide du patient.
C.J.
- QU'EST-CE QUI DIFFÉRENCIE VOTRE TRAVAIL DE CELUI D'UN CHIROPRATICIEN PAR EXEMPLE?
Réponse
- En ce qui concerne la chiropratique, cette dernière travaille beaucoup plus sur
les articulations et les vertèbres. Souvent, un mauvais positionnement des os peut
amener des douleurs dans la colonne vertébrale. Les chiropraticiens feront des
manipulations visant à replacer les articulations dans la bonne position. Ces
ajustements seront répétés jusqu'à ce que la bonne position se maintienne.
En
comparaison, l'approche de l'ostéopathie traditionnelle recherche une compréhension
plus globale des problèmes du patient. Par exemple, pour un problème de dos,
l'ostéopathe cherchera à connaître les facteurs se trouvant à l'origine de ce mal.
Est-ce une tâche répétitive de travail? Est-ce une fragilité physique où le stress
a tendance à se loger? Pourquoi ce problème devient-il chronique? Le praticien peut
découvrir que votre problème provient de vos pieds ou d'une mauvaise position, ou
encore d'une autre source de dysfonction. Ainsi, même si au départ vous venez le
consulter pour un problème de dos, l'ostéopathe cherchera à découvrir toutes les
autres causes pouvant y être reliées. Il pratique également une démarche visant à
relâcher les tensions causant les inflammations, etc.
L'ostéopathie
exerce parfois certaines manipulations qui peuvent ressembler à la chiropraxie mais
dont l'approche se veut, disons, plus douce.
C.J.
- EST-CE QUE L'OSTÉOPATHIE PEUT TRAITER TOUS LES MAUX ET QUELLES SONT LES LIMITES
DE VOS TRAITEMENTS?
Réponse
- Il serait impossible de prétendre que l'ostéopathie puisse régler tous les maux
mais, de toute façon, aucune discipline ne pourrait revendiquer une telle
perfection. Nous cherchons à travailler globalement sur la mobilité du patient en
tenant compte, entre autres, de la circulation de ses liquides et de ces fluides
corporels, etc. De plus, lors de la première rencontre, on explique au patient
qu'il devrait déjà connaître une amélioration tangible à partir de la troisième
visite. Si après cette dernière, il n'y avait aucune amélioration, ce serait alors
que l'ostéopathie n'est pas l'approche dont ce patient a vraiment besoin.
Comprenez-moi
bien: règle générale, cela ne signifie pas que le patient se trouve complètement
guéri après la troisième visite, mais ce dernier sera déjà en mesure de constater
une progression significative de son mieux-être.
C.J.
- CERTAINS CONSIDÈRENT QUE CETTE PROFESSION S'ASSOCIE AUTANT À UNE MÉDECINE DOUCE
DITE ALTERNATIVE QU'À UNE MÉDECINE CONVENTIONNELLE. QU'EN PENSEZ-VOUS
PERSONNELLEMENT?
Réponse
- L'ostéopathie est en réalité une excellente médecine complémentaire. Si on
compare l'ostéopathie d'ici avec celle pratiquée aux États-Unis, elles sont
considérées de façon totalement différente L'ostéopathie vient des États-Unis et
date d'environ cent-trente ans. Les praticiens de là-bas sont devenus des médecins
au même titre que l'est votre médecin de famille, c'est-à-dire qu'ils sont
habiletés à faire des diagnostics, à prescrire des médicaments, à référer à
d'autres spécialistes, etc. L'ostéopathie pratiquée au Canada, quant à elle, bien
qu'elle ait pris son origine aux États-Unis, est passée par l'Europe avant
d'arriver au Canada. L'ostéopathie d'ici est donc davantage considérée comme
complémentaire à la médecine conventionnelle autant qu'à celle dite alternative.
Elle n'est, hélas, pas encore une discipline reconnue au même titre que la
physiothérapie, bien qu'actuellement beaucoup de travail soit réalisé par les
associations afin de lui attribuer cette reconnaissance. Je profite de ces propos
pour souligner qu'il est toujours important pour un patient de s'assurer que
l'ostéopathe qu'il souhaite consulter soit un membre de l'Association de
l'ostéopathie du Québec ou de l'Association des diplômés en ostéopathie du Québec.
Ces deux organismes regroupent les praticiens ayant réalisé un minimum de six
années de formation.
C.J.
- DÉCRIVEZ-NOUS EN QUOI CONSISTE UNE PREMIÈRE RENCONTRE AVEC UN PRATICIEN
Réponse
- Lors d'une première rencontre, le patient doit dresser son bilan de santé en
répondant à un questionnaire. Ensuite, il passe en consultation où l'ostéopathe
reprend les réponses avec lui afin de mieux comprendre ce qui amène le patient à le
consulter. On veut découvrir quels furent les diagnostics précédant sa venue à
notre clinique. Cette investigation sera très approfondie: on peut même retourner
jusqu'à l'enfance du patient afin de découvrir s'il n'y aurait pas eu des
traumatismes ayant laissé des séquelles particulières pouvant être liées à son
problème de santé actuel. On fait l'inventaire des problèmes du passé pouvant aussi
bien résulter d'une simple chute que de conséquences résultant d'un accident de la
route. On s'informe également sur les différentes thérapies auxquelles le patient
aurait eu recours. On tentera de découvrir si celui-ci vit actuellement par de
fortes périodes de stress, de problèmes de sommeil, etc. Donc, nous passons
vraiment tout en revue. Puis, ce sera l'étape de l'examen physique où nous
demanderons au patient d'exécuter certains mouvements afin de nous permettre
d'évaluer sa mobilité, sa posture, sa démarche, sa capacité de bouger, etc. À titre
d'exemple, si le patient nous consulte pour une douleur à l'épaule, on ne se
limitera pas uniquement à cette partie du corps. Une approche globale sera
privilégiée. On cherche à rétablir l'ensemble de la mobilité sachant qu'une bonne
circulation contribue à améliorer l'ensemble des points défaillants.
C.J.
- POUR TERMINER, POURRIEZ-VOUS EXPLIQUER À NOS LECTEURS COMMENT ILS PEUVENT
DÉTERMINER SI UN OSTÉOPATHE LEUR CONVIENDRAIT DAVANTAGE QU'UN AUTRE?
Réponse
- Je pense que dans n'importe quelle profession, certains praticiens seront
meilleurs que d'autres, dans le sens où certains développeront certaines expertises
bien spécifiques. À titre d'exemple, je ne traiterai pas nécessairement de jeunes
enfants, mais je les recommanderai plutôt à un confrère qui s'est spécialisé auprès
de cette clientèle. Il en va de même pour ceux qui me consulteraient pour des
problèmes gynécologiques : je les référerais également à un confrère. À leur tour,
ceux-ci me recommandent les patients atteints plus particulièrement de problèmes
céphaliques, de maux de tête communément appelés migraines dont j'ai fait ma
spécialité. Je suis également très sollicité pour les maux de cou et de dos, entre
autres. J'ajouterais que la plupart des gens qui viennent me consulter sont
recommandés par d'autres patients satisfaits des résultats de leurs traitements.
L'important pour vos lecteurs, c'est de s'assurer que leur praticien a réellement à
cœur d'établir un lien de confiance avec eux. Je pense que lorsqu'on aime vraiment
son travail, ça se voit et ça se ressent à travers l'approche emphatique qu'on
adopte. Je suis constamment motivé par le désir de soulager mes patients et par le
souci de contribuer de façon optimale au prompt rétablissement de leur mieux-être.
C.J.
- IL Y A FORT À PARIER QUE NOUS SERONS DÉSORMAIS NOMBREUX À NOUS EN REMETTRE AUX
BONS SOINS D'UN OSTÉOPATHE.
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