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En
quoi consiste la zoothérapie. C'est essentiellement améliorer notre qualité d'être
grâce à l'intervention d'un animal de compagnie. Il peut s'agir des animaux les
plus familiers tels les chiens, chats, oiseaux, mais également d'autres plus
inusités allant du cheval au petit cochon d'Inde et j'en passe.
COMMENT S'ÉTABLIT CE GENRE DE RELATION Nous pourrions affirmer avec certitude
qu'un animal de compagnie va très certainement créer une relation affective
profonde avec son propriétaire. Je prends pour exemple le chat de ma mère. Celle-ci
a toujours été profondément active et affectionnait les animaux en général. Aussi,
je l'ai toujours vue évoluer en s'occupant des besoins de son petit chien autant
que de ceux de sa perruche. Son époux et elle ont toujours pris grand plaisir à
apprivoiser chacun d'eux pour en faire des complices de loisirs. Et tout allait
bien sur ce plan dans le meilleur des mondes. Mais voilà que, successivement, ces
deux compagnons de route sont décédés suivi quelque temps plus tard de son époux
qu'elle chérissait. Cette fois le vide était trop grand, laissant Solange dans un
sentiment de solitude si profond qu'il lui semblait impossible à combler.
ANIMAL DE COMPAGNIE OU ANIMAL THÉRAPEUTIQUE QU'EST-CE QUI LES DIFFÉRENCIE Une
relation de Solange lui proposa de prendre à sa charge un mignon petit chaton
couleur tigré possédant d'adorables yeux bleus. Ce fut le coup de foudre. Solange
lui donna le nom de Bébé. Depuis ce jour, ce dernier prend dans sa vie pratiquement
la place d'un vrai bébé tant elle est aux petits soins pour ce petit être.
Désormais, non seulement ce dernier comble sa solitude, mais il tisse, plus
intensément que jamais, une relation de complicité bien au-delà de celle qui avait
jadis existé avec le chien ou la perruche qu'elle avait adoptés dans le passé.
C'est précisément en ce sens, et du fait que cette nouvelle relation comblait
désormais un vide affectif profond, que l'on peut préciser la nature dite
thérapeutique du rôle de l'animal, contrairement à celle entretenue avec le chien
ou l'oiseau qui n'étaient que de simples et distrayants compagnons de jeu.
Je me rappelle une situation où une amie Nicole m'avait demandé d'écrire en une
seule phrase POURQUOI un animal pouvait devenir à ce point indispensable dans la
vie de son propriétaire. Ma réponse avait été la suivante : Pouvez-vous
simplement réaliser que cet animal ne cherche à exister que pour vous rendre
heureux? C'est en tout cas ma perception de l'attachement inconditionnel qu'un
chien, entre autres, semble témoigner à son maître lorsque ce dernier sait
s'occuper avec amour de son bien-être.
Il faut bien l'avouer, devenir aux
yeux de votre animal le centre même de tout son univers ou encore ressentir qu'il
vous considère comme la personne la plus merveilleuse au monde provoque
nécessairement un sentiment particulièrement valorisant, donc bienfaisant.
Votre animal vit le moment présent; il est par conséquent constamment sensible à
vos humeurs. Il tente à tout moment de s'y adapter et même de compenser vos
défaillances. Êtes-vous triste à en mourir? Soyez certain qu'il le ressentira et
tentera d'être plus affectueux qu'en toutes autres circonstances. Êtes-vous hyper
stressé? Alors, attendez-vous à le voir inventer mille cabrioles afin de vous
rappeler, bon gré mal gré, que vous devez à tout prix prendre le temps de rigoler
et de vous détendre. Fait-il quelques mauvais coups? C'est sans doute sa façon à
lui de vous rappeler que vous avez négligé ses besoins et possiblement du même coup
les vôtres en négligeant de faire quelques promenades salutaires. Bref, il réagit à
votre comportement et vous envoie chaque fois un message significatif.
Il a,
entre autres, absolument besoin que vous assumiez votre leadership. Si vous ne le
faites pas, il se sentira obligé de faire la loi à votre place afin de vous
rappeler que c'est précisément là VOTRE rôle. Être un leader aux yeux de votre
animal ne signifie pas exercer un contrôle drastique ou dictateur à son égard, loin
de là, mais bien de dégager l'énergie confiante de celui qui se trouve aux
commandes. Si c'est là le comportement que vous exercez, alors, votre animal de
compagnie s'en trouvera automatiquement sécurisé et disponible à jouer son rôle
thérapeutique réconfortant pour lequel il se trouve super doué. Mais pour ce faire,
vous devez nécessairement avant tout assumer votre rôle en devenant son chef de
meute.
Lorsqu'on parle de zoothérapie, il nous vient naturellement à
l'esprit le rôle indispensable joué par les chiens pour les aveugles. La relation
qui s'établit entre cet animal et son maître dépasse de loin celle du simple
compagnon de vie puisque l'animal est élevé, éduqué ou dressé (appelez cela comme
vous le voulez) de façon à comprendre profondément LE rôle indispensable qu'il se
doit d'accomplir. Il sait que la personne qu'on lui confie est différente des
autres et qu'elle doit nécessairement composer avec une cécité. Que vous puissiez
le concevoir ou pas, l'animal sait pertinemment qu'il se doit de remplacer ses
yeux.
IL EST VRAI QU'IL NE FAUT JAMAIS PRÉSUMER QUE L'ANIMAL PENSE ET
RÉAGIT COMME UN HUMAIN
À cet égard, l'émission César, l'homme qui parle aux
chiens est très claire. Si un chien tremble de tous ses membres, vous ne devez
JAMAIS lui donner un surplus d'amour comme vous seriez porté à le faire pour un
enfant que vous souhaiteriez rassurer. Car, selon César, une telle réaction de
votre part ne ferait qu'encrer davantage, dans l'esprit du chien, que son
comportement angoissé est précisément celui que vous encouragez puisque vous y
répondez par un surplus d'affection. Ainsi, cela ne ferait qu'envenimer les choses
en augmentant la charge de stress de l'animal dans son désir de plaire à tout prix
à son bienfaiteur.
Est-ce que l'animal peut jouer un rôle thérapeutique
salvateur? Oui, absolument. Est-ce qu'il peut pour autant guérir son maître? Non,
pas vraiment. Son intervention doit essentiellement permettre aux membres de la
famille dans laquelle il se trouve de pouvoir interagir positivement en développant
des attitudes plus saines. Il peut s'agir de briser la solitude, comme je l'ai
précédemment mentionné, de développer un plus grand sens des responsabilités avec
un enfant, de contribuer très positivement à augmenter le sentiment de confiance en
soi ou encore correspondre à de multiples autres aspects tous plus bénéfiques les
uns que les autres.
Prenons par exemple le cas de personnes âgées. Leur
attachement à leur animal est tel que dans un cas de danger d'incendie, certains
pourraient tenter de sauver leur petite bête même au péril de leur propre vie. Ou
encore, si cette personne traverse un moment de profond découragement qui puisse
risquer de l'amener à se suicider, la pensée d'abandonner l'animal qu'elle chérit
pourrait possiblement l'empêcher de commettre l'irréparable. Donc, le rôle
thérapeutique existe incontestablement et il est non négligeable.
Certes,
nous ne nierons pas qu'avoir la garde d'un animal exige beaucoup d'amour, de soins
et un investissement financier indispensable à son entretien. Par contre, à bien
des égards, les bénéfices sont souvent proportionnels aux exigences requises.
Une célèbre psychothérapeute des États-Unis, Mme Janet Ruckert, a
personnellement réalisé que plusieurs de ses patients parvenaient à exprimer
davantage leurs sentiments lorsqu'elle mettait à contribution la présence d'un
animal domestique au cours de sa démarche thérapeutique. Elle donne, entre autres,
l'exemple d'une petite fille très refermée sur elle-même qui possédait un blocage
émotionnel très profond et se trouvant dans l'incapacité d'exprimer la souffrance
qu'elle éprouvait depuis l'absence de son père. La présence du chat de la
psychologue, qui cherchait l'affection de l'enfant, fut de nature à créer
exactement l'atmosphère qui permit de déclencher les émotions jusque-là retenues en
amenant l'enfant à exprimer enfin son chagrin tout en flattant avec tendresse le
chat qui ronronnait affectueusement. On aurait pu dire que ce dernier était devenu
une sorte d'allié dans le processus de libération émotionnelle qui, à partir de ce
moment, favorisa un mieux-être chez la petite.
J'ai justement choisi ce
sujet, ce mois-ci, du fait qu'à deux reprises dans mon entourage j'ai reçu des
nouvelles de deux de mes amies qui m'ont confié chacune que leur jeune fille
souffrait de comportement dépressif. L'une me demandait conseil, au même moment, où
je recevais le courriel de l'autre qui me faisait parvenir la photo d'une adorable
petite chienne (pratiquement miniature) âgée de douze semaines qu'elle prénomma
Charlee. Elle soulignait du même coup qu'elle avait remarqué toute une différence
dans le comportement de sa fille beaucoup moins angoissée depuis qu'elle s'occupait
de Charlee.
Cette coïncidence particulière a donc motivé mon choix de me
pencher sur le sujet. De plus, à mon grand étonnement dans la même journée, mon
conjoint s'était de surcroît procuré un livre traitant justement du même sujet.
Ainsi, lorsque trois circonstances connexes se produisent, ce n'est sûrement pas
sans raison, et j'ai pensé que cela pouvait être un signe que la zoothérapie
pourrait interpeller certains lecteurs de notre magazine.
Cela dit, je ne
suis absolument pas une spécialiste en la matière, mais je souhaite néanmoins avoir
suscité chez vous une piste de réflexion qui puisse vous interpeller sur ce bel
amour INCONDITIONNEL que nous recevons de ces petites bêtes et que nous tenons
presque trop facilement pour acquis sans considérer à sa juste valeur tout ce
qu'elles nous apportent sans retenue. Aussi, ne serait-il pas précieux, de prime
abord, de réaliser COMBIEN leur présence est bénéfique et contribue quotidiennement
à rendre notre vie plus joyeuse et plus sereine.
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