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L'HYPNOTHÉRAPIE
est un univers à la fois mystérieux et passionnant. Il s'agit bien là d'une
approche thérapeutique incontournable de nos jours. Elle est souvent recommandée
comme complément de soins, qu'il s'agisse de problème physique, psychologique,
relationnel ou autre. Certains croient à tort qu'être endormi sous hypnose peut
risquer de leur retirer un certain contrôle. J'ai rencontré différents hypnologues
afin de leur poser la question.
Selon
eux, il n'en est rien et vous restez totalement en contrôle à chaque instant de
votre séance d'hypnothérapie. Ils m'ont affirmé que chaque personne devrait au
moins une fois dans sa vie s'offrir le cadeau d'un tel ressourcement intérieur. Les
personnes qui consultent le font pour les motifs les plus variés. Il peut s'agir du
stress d'un changement d'emploi, de la perte d'un être cher, d'une préoccupation
par rapport à une prochaine opération chirurgicale délicate ou encore simplement
pour augmenter la confiance en soi en particulier dans le cas d'un homme ou d'une
femme d'affaires confrontée à de grands défis. Bref, la liste des raisons ne cesse
de s'allonger.
VOICI
LES QUESTIONS QUE J'AI POSÉES À CES PRATICIENS SPÉCIALEMENT POUR VOUS.
Céline Jacques (CJ) : EXPLIQUEZ-NOUS CE QU'EST L'HYPNOTHÉRAPIE?
Les
praticiens hypnologues : Pour le commun des mortels, il s'agit de l'art
d'endormir une personne à l'aide de suggestions mentales subconscientes visant à
modifier son comportement. Mais dans les faits, il s'agit de beaucoup plus que cela.
En
fait, l'hypnothérapie est avant tout une approche fondamentalement basée sur la
thérapie corps-esprit. Elle est fréquemment utilisée pour le soulagement de
douleurs soit aiguës, soit chroniques, soit encore pour permettant de soigner ou de
réduire les symptômes de certaines maladies.
DES
EXEMPLES DE DOULEURS OU DE SYMPTÔMES QUE L'HYPNOTHÉRAPIE PEUT SOULAGER?
Les
praticiens hypnologues : Les traitements les plus fréquents visent à soulager
des douleurs issues d'états d'anxiété, par exemple les cas de syndrome d'intestin
irritable. Soulignons également les problèmes d'hyperactivités chez l'enfant pour
les parents qui hésitent à utiliser la pharmacologie. Dans un tel cas,
l'hypnothérapie offre une alternative particulièrement intéressante. On peut
également faciliter les étapes de grossesse et atténuer les douleurs de
l'accouchement. L'hypnothérapie obtient également de très bons résultats avec la
réduction des symptômes de la ménopause, autant qu'avec les maladies respiratoires
telles que l'asthme chronique, etc.
Les
applications accessibles à l'hypnothérapie sont particulièrement nombreuses. Elles
peuvent s'étendre autant aux soins des maladies de la peau que pour traiter le
tabagisme.
D'OÙ VIENT L'HYPNOTHÉRAPIE?
Les
praticiens hypnologues : Cette approche date d'aussi loin que le XVllle
siècle. Le mot grec « hupnoein » signifie endormir. Cependant, l'hypnose
n'est pas un état de sommeil en soi puisqu'il s'agit plutôt d'un état
« d'hyperconcentration détendue » ou, si vous préférez : être
particulièrement concentré sur la réception de suggestions tout en étant
physiquement totalement relaxé, mais sans être pour autant endormi. Donc, sans
nécessairement perdre le contact avec la réalité éveillée.
Depuis
les traditions les plus anciennes, les shamans, et par la suite les hommes de
médecine, ont toujours utilisé des techniques de mise en transe comme outils de
guérison. Cependant, dans notre société occidentale, ce n'est que depuis le XVllle
siècle qu'on expérimente les effets thérapeutiques de l'hypnose. Celle-ci fut donc,
en quelque sorte, « redécouverte » part un médecin autrichien du nom de
Anton Mesmer.
Malgré
cela, il a fallu attendre la période 1837 à 1910 pour qu'un second médecin du nom
de James Braid puisse enfin en établir un usage médical fiable. Puis, plus près de
nous, les neurologues français Hyppolite Bernheim et Jean Charcot poursuivirent
leurs travaux permettant à la British Médical Society, et par la suite à l'Américan
Medical Association, d'accorder à L'HYPNOSE le titre de « procédure médicale
confirmée ».
Initialement,
l'hypnose dite classique de type « paternel ou autoritaire » utilise des
suggestions directes permettant d'agir sur des problèmes comportementaux tels que
les phobies, en permettant d'en modifier le ressenti corporel.
Depuis
cette époque, les avancées réalisées par le psychiatre et psychologue américain
Milton Érickson offrent une nouvelle forme de communication sous hypnose. Son
approche propose non pas uniquement de se limiter à éliminer les symptômes
souffrants mais plutôt d'obtenir du subconscient une sorte de collaboration
créative. Cette collaboration permettait à l'inconscient de trouver par lui-même ce
qui peut être modifié afin d'atténuer l'inconfort en le rendant moins pénible.
Cette approche est davantage de type « maternel » en comparaison de
l'approche classique.
LE
SUJET NE PERD DONC JAMAIS LE CONTRÔLE SUR CE QUI SE PASSE DURANT UNE SÉANCE AVEC
VOUS?
Les
praticiens hypnologues : Non, vous ne perdez absolument pas le contrôle. La
personne qui me consulte pour une séance d'hypnose ne perd du reste jamais
contact avec la réalité et garde le plein contrôle de la situation. Souvent, les
gens qui ne connaissent pas réellement le rôle de l'hypnothérapie sont restés avec
la fausse impression qu'un praticien possédait un plein pouvoir sur eux au point de
leur faire poser des gestes inhabituels, à l'image de certains présentateurs de
foire publique, mais la réalité est tout autre.
Nous
avons tous, autant que nous sommes, déjà été dans un état de transe hypnotique
passager. Nous n'avons qu'à nous rappeler certaines situations où il nous arrive
d'être à ce point centré sur une idée, un souvenir ou sur une sensation au point de
faire complètement abstraction de la réalité environnante tout en poursuivant
l'activité. C'est le cas, entre autres, lorsque nous sommes absorbés par le moment
crucial d'un film, en conduisant une voiture ou dans certaines activités exigeant
une sorte d'automatisme des gestes. Lors d'une telle mécanique hypnotique, si je
puis dire, l'inconscient occupe d'avantage l'avant-plan qu'à l'habitude puisque le
sujet se trouve moins hyperactif.
Ainsi,
l'inconscient bien dirigé par l'expertise d'un thérapeute compétent peut rendre
accessible au sujet certaines ressources peu exploitées de son cerveau en activant
en quelque sorte ses pouvoirs d'autoguérison.
Le
thérapeute ne peut donc induire un changement de comportement SANS QUE le patient
le permettre réellement. L'hypnothérapeute ne peut contrôler les facultés mentales
du sujet. Il ne peut que contribuer À CRÉER LE CLIMAT autorisant l'accès à un état
naturel propice, permettant à l'inconscient d'accomplir un travail psychologique ou
psychophysiologique, afin de se défaire de ses idées nuisibles en permettant de les
remplacer par des idées plus justes ou correspondant mieux à ses besoins.
MAIS SEUL LE PATIENT DONNE, EN QUELQUE SORTE, LA PERMISSION QUE CELA PUISSE ÊTRE
ACCEPTÉ PAR SA VOLONTE INCONSCIENTE.
C'est
la raison pour laquelle nous demandons au sujet de réaliser un travail personnel
entre les séances d'hypnose, soit par procédure d'autohypnose ou encore à l'aide
d'une audiocassette. Ce travail de renforcement est directement relié à la rapidité
de transformation du comportement. Ainsi, plus ce travail de renforcement est
appliqué avec rigueur et constance, plus les suggestions et les
« ancrages » subconscients contribueront à alimenter le conscient des
avantages qu'il aura à graduellement modifier les comportements problématiques.
EST-CE QUE L'HYPNOTHÉRAPIE FONCTIONNE À TOUT COUP?
Les
praticiens hypnologues : Tout dépend de l'étendue de la motivation du sujet.
Il n'y a pas de miracle au-delà du bon vouloir du patient de se soigner. Le sujet
doit avant tout être profondément motivé à atteindre le résultat convoité sinon, il
pourrait lui-même contrecarrer les suggestions mentales. Par exemple, une personne
peut désirer maigrir tout en redoutant les enjeux risquant de découler d'un pouvoir
de séduction plus accru issu d'une silhouette plus attrayante.
Dans
un tel cas, la personne se devra de travailler initialement sur cette peur AVANT
MÊME d'espérer modifier son comportement alimentaire. C'est pourquoi, comprendre
les dessous reliés aux comportements compulsifs fera partie DES ÉTAPES
D'INTROSPECTIONS NÉCESSAIRES pouvant influencer le choix des suggestions qui seront
utilisées lors du traitement.
Le
thérapeute ne se limite pas simplement à prendre le sujet en charge. Il se doit
plutôt d'inviter son patient à participer à l'élaboration du processus de sa
thérapie en le rendant conscient des enjeux positifs recherchés tout en dissociant
ceux-ci des contraintes pouvant leur être associées.
Ainsi,
plus un traitement est personnalisé à la mesure des attentes du patient, plus ce
dernier se sentira lié au processus de transformation et meilleurs seront ses
résultats. Il s'agit donc, en quelque sorte d'un travail d'équipe. En résumé, le
succès d'une démarche dépendra en grande partie de la volonté du sujet d'atteindre
un changement durable et de la confiance qu'il place en son thérapeute.
EXISTE-T-IL
D'AUTRES FACTEURS CONTRIBUANT AU SUCCÈS D'UNE HYPNOTHÉRAPIE?
Les
praticiens hypnologues : Dans un certain sens, nous pouvons dire que le
processus AGRÉABLE de l'effet hypnotique contribue en soi à favoriser son succès
puisqu'il encourage le patient à investir du temps dans son processus
d'autohypnose. On sait que l'hypnose active ou désactive les régions du cerveau
concernées par la suggestion induite et que plusieurs résultats positifs furent
réalisés par de nombreux sujets aussi différents furent-ils.
Mais,
parallèlement, même si ces applications peuvent être aussi diversifiées, il n'en
reste pas moins qu'il est acquis que L'ESPRIT EST LE MAITRE DU CORPS et, en ce
sens, les thérapies visant à corriger des obsessions rencontrent des succès
particulièrement durables et efficaces. Il faut également considérer comme facteur
de succès le fait que l'hypnothérapie permette souvent de réduire considérablement
le besoin de médicament des patients anxieux.
EST-CE QUE TOUT LE MONDE PEUT ÊTRE HYPNOTISÉ?
Les
praticiens hypnologues : En fait, bien qu'il existe autant de sujets que
d'applications thérapeutiques pouvant pousser une personne à consulter, il est
fondamental de se choisir un thérapeute de confiance.
Un
thérapeute adéquatement formé parvient normalement à hypnotiser pratiquement
n'importe quel sujet. Il fut défini qu'environ 80 % des gens seraient des sujets
plus faciles que d'autres. Un bon thérapeute considèrera que l'investigation
initiale sur le problème à traiter, incluant la compréhension du risque des
résistances pouvant en découler, sera fondamentalement de la plus haute importance.
La
session en elle-même dure habituellement 50 ou 60 minutes. La majorité des
personnes obtiennent des résultats satisfaisants au bout de quatre rencontres.
Certains cas, beaucoup plus rares, dits plus résistants, peuvent parfois nécessiter
jusqu'à une dizaine de rencontres lorsqu'ils sont issus, par exemple, de
traumatismes très sérieux tels qu'un viol, etc.
COMMENT SE CHOISIR UN BON HYPNOTHÉRAPEUTE?
Les
praticiens hypnologues : Il est indispensable de bien choisir son
hypnothérapeute puisque la relation de confiance est indispensable au confort du
sujet dans son processus thérapeutique. Ce spécialiste, se doit de connaître les
mécanismes des problématiques pour lesquels on le consulte, qu'il s'agisse de
difficultés physiques, psychologiques, relationnelles ou autres.
Encore
une fois, la différence dans le succès d'une démarche sera également reliée à la
capacité du thérapeute d'établir une bonne investigation du problème. Un problème
de tabagisme, par exemple, ne sera pas nécessairement traité de la même façon pour
un patient que pour un autre. La nuance pourra être en fonction du niveau accru de
dépendance, des motivations ou encore des circonstances l'amenant à fumer, etc.
C'est
pourquoi LE PROCESSUS PERSONNALISÉ de la démarche peut faire toute LA DIFFÉRENCE
dans la satisfaction du choix de son thérapeute. Un bon thérapeute bénéficiera
toujours d'une excellente réputation établie par sa clientèle.
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