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J'avais
toujours symbolisé à la fois l'admiration et la jalousie de l'entourage tout
d'abord parce que j'avais su m'élever au niveau de médecin mais surtout parce
qu'ils ne me pardonnaient pas de ne pas être resté en région pour en faire la
pratique.
Pas
facile de reprendre contact, d'être crédible et de rendre cohérent 3 semaines de
comas où la vie pour moi s'était arrêtée, immobilisée sans crier gare.
Les
préjugés persistaient et je me sentais déjà si accablé que pour faire surface je
n'eus d'autre choix que de m'exiler.
J'ai
choisi de faire une escapade en Gaspésie simplement comme pensionnaire en gardant
une partie de mon identité secrète pour mieux la protéger des inquisiteurs.
La
maison était simple, chaleureuse et située juste face à la mer. Un beau boisé à
l'arrière m'apportait ce havre de paix dont j'avais tellement besoin que s'était
devenue une question de survie.
Les
hôtes étaient particulièrement sympathiques et rendaient l'atmosphère détendue et
harmonieuse. On me cuisinait avec attention des petits plats de poissons frais tous
les jours ce qui compensait le manque d'iode dans mon sang.
J'y
dormais près entre 15 et 18 heures par jour, puis l'après midi je marchais
lentement le long du rivage je dénichais un coin de sable chaud et je m'en
recouvrais tout le corps comme pour mieux fusionner avec la nature qui m'entourait
de tout part.
Enfin
il était permis à mon esprit de vagabonder au gré de ses fantaisies, alerte à
renifler l'air salin qui me chatouillait agréablement les narines.
Mes
journées étaient occupées à rêver, à faire des projets mais surtout à méditer. J'y
puisais une extraordinaire capacité à rééquilibrer les trois dimensions de mon être
soit physique, psychique et spirituel.
Je
dois vous avouer que malgré moi je cherchais aussi à retrouver cet état de bien
être et de plénitude incomparable qu'il m'avait été donné de vivre dans le coma.
Là
où n'existait aucune sorte de contrainte aucune difficulté matérielle, aucune
inquiétude, aucune incertitude et où le simple fait d'exister dans cette dimension
était en soi d'une totale extase pratiquement indescriptible pour ceux qui ne l'on
pas vécu.
Vous
vous demandez sans doute qu'est il advenue de son gentil petit fiancé et bien
celui-ci ne m'a jamais abandonné durant tout ce parcourt et dès que l'interdit de
visite fut retiré, il était disponible sans être envahissant mais seulement
profondément respectueux de mes besoins.
À
l'hôpital j'avais surpris en cachette deux infirmières qui prétendaient qu'il
abandonnerait probablement la partie puisque rien ne l'obligeait à commencer du
mauvais pied disaient-elles.
Il
faut dire que dans la même période de mon hospitalisation une autre jeune patiente
atteinte de la même maladie que moi s'était laissé mourir lorsqu'elle apprit que
son compagnon l'avait remplacé.
Ici
mes journées étaient belles et je me laissais couler au fil des jours avec douceur
avec tendresse et mon corps me le rendait bien car je retrouvais graduellement mes
forces, mes énergies, ma joie de vivre dans l'intimité de mon petit paradis sur
terre.
Puis
le 10 juillet soit presque 3 mois suivant mon hospitalisation ma joie atteint son
comble lorsqu'on m'annonça que les examens de contrôle confirmaient une totale
guérison.
Je
dois affirmer que mes confrères sont même totalement restés bouche bée du fait
qu'aucun résidu, qu'aucune trace ne laissait pas la moindre séquelle de cette
maladie si virulente et si contagieuse.
Sur
le plan de mon évolution personnelle je me dois d'admettre que l'étendue de cette
expérience fut en définitive très positive.
Elle
m'a même permise de réorienter ma carrière vers la spécialité de la gérontologie ou
l'on accorde plus d'espace aux aspects de vulnérabilité du patient qui se débat
avec ses douleurs et ses souffrances physiques.
Je
suis intimement persuadé aujourd'hui que la femme que je suis devenue est beaucoup
plus près que jamais de ses patients.
Je
ne m'oppose pas à la science et à ses principes qui m'ont formé néanmoins, j'ai
décidé d'ajouter une expertise supplémentaire axée sur l'usage parallèle des
médecines douces.
Je
ne cherche jamais à imposer un type de médicament plus qu'un autre mais je prends
définitivement un recul face à ceux qui cause trop souvent d'importants effets
secondaires, des nausées et des vomissements qui parfois vous affaiblissent bien
plus qu'ils ne vous guérissent.
Je n'oublie jamais cette expérience du coma aussi longtemps que je vivrai.
Cette
connaissance infinie de l'existence d'une dimension où le temps et l'espace
n'existe pas, où l'esprit est libérer de tout conformisme, où les vibrations
pénètre au cœur même de notre être spirituel tout cela est un cadeau inestimable.
Cet
état d'euphorie bloque tous désirs de revenir à la vie terrestre J'y goûtais un tel
plaisir et d'une telle intensité que tout retour à la vie accentue terriblement la
mélancolie et la dépendance qui en résultent.
Je
n'avais pas songer avant ces événements à sortir des sentiers battus mais désormais
j'ai bon espoir que certaines formes de médecine douce comme la massothérapie, la
réflexologie et même celles moins connues comme la musicothérapie, la zoothérapie,
la sophrologie apaiseront de plus en plus la douleur des personnes souffrantes.
Elles
finiront par trouver leurs places aux fils des années au sein du corps médical
parce leurs bienfaits sur l'esprit facilitent la mise en condition des attitudes
psychologiques favorable aux démarches d'auto-guérison du patient.
En
définitive le plus important de tout ce périple fut pour moi de constater que
toutes les avances technologiques quelle qu'elles soient ne seront jamais supérieur
aux forces psychiques qui nous habitent mais que nous connaissons si peu en réalité.
J'ai
choisi de revenir et j'ai choisi de vivre, je n'ai aucun regret car l'expérience
que j'en ai retirer a changé à tout jamais ma perception limitée de la conscience
du cerveau humain.
Cela
m'a surtout permis désormais de lui accorder haut la main ses plus belles lettres
de noblesses. Oui vraiment nous ne sommes encore qu'aux débuts des découvertes des
incroyables capacités du cerveau mais le futur s'annonce prometteur. .
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