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Coma
Partie B

 

  par Céline Jacques

Je me sentais littéralement suspendu au plafond et en même temps j'avais le sentiment de flotter sur un tapis de Ouate enveloppée de douceur de tendresse et d'affection.

Cet état était si harmonieux, si composé d'un parfait bien-être, habité d'une telle plénitude qu'il est pratiquement impossible de trouver des mots qui puisse être ne mesure de rendre justice à cette totale et indescriptible euphorie.

J'étais complètement dégagé de toutes contraintes physiques, psychologiques aucune préoccupation ou lourdeur matérielle liées au monde terrestre ne venait perturber ni même effleurer cet état de béatitude absolue.

Les vibrations de chaleur ou plutôt d'une intensité d'amour incommensurable pénétraient au cœur même de mon être spirituel me remplissant d'un sentiment de force et de pouvoir si puissant qu'il puisse en un sens se comparer à ce que pourrait être un orgasme de l'esprit.

Le temps et l'espace n'existaient plus. J'étais devenue le temps, j'étais devenue l'espace sans un début ni une fin, sans une notion d'avant, ni d'après.

Je dirais que j'étais totalement habité par la seule conscience D'ÊTRE tout et rien à la fois mais sans jamais avoir un sentiment de vide.

J'avoue que plus rien au monde n'avait d'importance que cet état et rien d'autre ne pouvait l'égaler ni de près, ni de loin. Aussi, la notion d'y passer le reste de l'éternité était loin de m'effrayer mais s'apparentait plus à un total état de grâce infini remplie de reconnaissance.

Puis cet état merveilleux prit fin abruptement j'aurais voulu hurler NON!!!!!!!!!! LAISSEZ-MOI LÀ!!!!!!!! Mais ma vie terrestre me revenait, je n'y pouvais rien et en même temps je savais sans pouvoir l'expliquer que les choses ne pouvaient pas se passer autrement puisque ma mission ici bas n'était pas terminée.

Cette expérience me donna l'impression d'avoir durée peut être dix minutes ou tout au plus 20 minutes et pourtant aussi incroyable que cela puisse paraître j'avais été une vingtaine de jour dans le coma. J'avais vraiment peine à me faire à cette idée.

Au début de mon retour à la vie, je dois avouer que je ne ressentais aucune douleur physique. Heureusement pour moi car mes collègues s'agitaient dans tous les sens, procédant à des examens, application de soluté, transfusions, sondes, piqûres, accessoires vitaux etc etc.

Non seulement je ne ressentais pas la moindre douleur mais de surcroît le balancement entre ciel et terre me donna l'impression de réintégrer mon corps jusqu'à trois reprises successives.

J'étais totalement consciente de mon grand privilège moi qui comme médecin avait si souvent vue des gens réintégrer leurs corps passant abruptement d'un état de douce euphorie à celui bien trop radicalement d'intenses douleurs physiques qui semblaient ne plus finir de les tordre dans tous les sens.

Oui vraiment j'avais beaucoup de chance que la douleur me soit épargnée.

Envieront 5 jours après mon réveil j'acceptais que graduellement de reprendre contacte avec le monde de notre réalité ho combien plus terne mais nécessaire.

J'étais parfaitement lucide et toujours aussi exempté de toute douleur.

Une infirmière pénétra dans la chambre presque sur la pointe des pieds avec une énorme gerbe de fleurs. Je lui dis «vous ne vous tromperiez pas de chambre par hasard ? » Elle répondit avec un petit air moqueur «n'avez vous pas un gentil petit fiancé docteur ? »

Pour toutes réponses je fixais intensément le bouquet et ajouta «pourriez-vous informer ma famille que je ne serai pas là pour la fête Pascale.

Je ne me sentais pas de force à replonger dans tout ce qui compose notre société, pas encore il était trop tôt pour reprendre la bataille.

J'ai toujours été une femme particulièrement courageuse mais lorsque l'on revient du monde des esprits la vie actuelle nécessite d'être ré-aprivoisé et il n'était pas question que j'en accélère le processus sans me respecter bien à fond.

Mon fiancé était toujours fidèle à partager à mes côtes les quelques minutes de visite qui lui était consentit par les autorités.

Nos étions fiancé depuis Noël et la fête Pascale était sensée donner lieu à un immense « shower » où 300 invités prévoyaient se réunir en mon honneur.

Je serrais la main de cet homme qui allait devenir mon futur mari et je savais que le simple échange de regard lui permettait de tout comprendre de tout deviner.

Il avait toujours pour moi cette grande compassion remplie de tendresse qui m'enveloppait de sa sollicitude et me rassurait de ne point craindre de lui fausse compagnie en retournant à mon oasis de paix dans un repos réparateur salutaire.

Je savais que j'étais encore faible mais j'en pris nettement plus conscience lorsque j'ai réalisé qu'il y avait un prête d'un certain âge à mon chevet qui me donnait les extrêmes onctions.

En fait c'est le contact froid de ses doigts traçant une croix sur mon cou avec des onctions qui me fit sortir brusquement de ma torpeur.

Je lui ai demandé interloquée «mais que faites-vous ? » Il me répondit : « Je suis venu t'offrir les derniers sacrements » puis en affichant un air désemparé il ajouta «avoue tes péchés car tu va mourir ».

Je l'ai regardé fixement dans les yeux avec une assurance et une détermination qui était loin de lui retirer son désarroi et j'ajouta «non ! Des péchés je n'en ai pas car je n'ai pas eu le temps d'en faire ».

On aurait dit que toute la force et le pouvoir qui m'habitait l'effrayait. Cela me poussa même à trancher «de toute façon, je ne mourrai pas et je reviens bientôt.

Mon inébranlable certitude finie par lui faire perdre contenance le disposant à quitter les lieux où visiblement il n'avait plus rien à faire.

Cette expérience renforça ma conviction que personne d'autre que moi ne déciderait si je devais ou pas trépasser.

Dans un élan d'adrénaline d'une puissance que je n'avais jamais connue au par avant je décide sur-le-champ de m'arracher à tout l'attirail médical : sondes, soluté, transfusion, les supports rigides fixés au lit par des courroies en fin tout accessoires qui puisse être reliés au système de survie.

Les conséquences étaient pour le moins sanglantes. Le sang coulait de la veine de mon bras autant que de la bouteille imbibant de sa couleur rougeâtre tout le drap du lit et même sur le plancher.

Une infirmière alertée par les électros encéphalogramme poussa un véritable cri d'horreur à la vue de cette scène et à celle de ma figure où l'hémorragie nasale contrastait dramatiquement avec la blancheur de ma peau.

Pourtant, j'étais là regardant ce tableau avec le plus grand sans froid sans me départir le moindrement de cette sorte de force qui dépassait même tout entendement.

On eu dit que c'était presque une force qui émanait de mon esprit et que rien ne pouvait l'arrêter durant un court instant mais dont l'intensité me paru beaucoup plus prolongé.

Puis sans le moindre avertissement je m'effondre en entendant dire «32 de pression mon Dieu on la perd !!! ». Toute la batterie de médecins et d'infirmières s'affairaient dans tous les sens alors que je replongeais littéralement dans le coma pour une troisième et dernière fois.

Je n'étais pas en état d'analyser mes gestes mais une seule certitude m'habitais, je ne voulais plus être comme disent les patient branché à quoi que ce soi.

Mais il y avait peu de chance que ce message eu été compris puisque je me retrouvais à nouveau envahi par la machinerie qu'ils avaient prient soins d'emprisonner sur moi.

Quelques jours s'écoulèrent à nouveau et je suis revenue à la vie comme on revient à une deuxième naissance. Je prenais conscience de mon environnement tout comme je percevais différemment l'expérience d'intégré ce corps qui était le mien. Je savais que mon voyage dans l'au-delà avait désormais prit fin.

J'étais débordante de lucidité et je réclamais sur-le-champ qu'on m'apporte une abondance de fruits de toutes sortes garnies de boules de crème glacée aux essences parfumées et variées.

J'avais un tel appétit que rien ne m'y aurait fait renoncer. L'infirmière quant à elle était visiblement aussi interloqué que si la requête venait d'un extra terrestre en personne.

Elle ne me prenait pas du tout au sérieux me croyant assurément très confuse. Pourtant croyez-moi, aussi étrange que cela puisse paraître le concept de fruits et de crème glacée était si fixé dans mon impétueux besoin que rien au monde ne semblait aussi prioritaire en de telle circonstance pour le moins inusitée.

J'ai du tellement insister et me faire si convaincante que le gastro-entérologue n'eut d'autre choix que d'être convié à devoir accorder son assentiment.

Je devais sûrement représenter un vrai casse tête pour les cuisines car il était assez tard en soirée et il régnait un grand calme à l'étage.

J'entendais le murmure de certaines conversations dont l'une entre autre m'apprit que le docteur qui était chargé de m'examiner venait d'être ébranlé par un léger accident qui avait emboutit sa belle voiture neuve qu'il venait de s'acheter à la fêtes de Pâques.

J'ai bien cru que sa visite serait retardée, mais non, j'étais vraiment bien entouré et aussitôt son examen réalisé on acquiesça à mes désirs et le goûté royal me fut servi.

Je mangeais ou plutôt je me régalais et me délectais du goût sucré de chaque bouchée avec une avidité dont j'avais peu coutume.

J'ignorais encore qu'il s'agissait là de mon tout premier repas depuis les 22 journées précédentes.

Dès le lendemain matin, j'eus droit à la visite de l'ensemble complet du corps médical en poste. J'étais apparemment un cas d'exception qui n'aurait ne principe du n'avoir pratiquement aucune chance prévisible de retour à la vie.

Le choc du temps, ma tentative de me libérer de l'arsenal des soins de santé, le stress impressionnant vécu par le psychisme tout cela auraient du en principe me laisser dépossédé de toutes chances de récupération et pourtant j'étais là.

Je disais à mes confrères pour les taquiner que j'avais drôlement la couenne dure.

Ce retour à la vie me donnait désormais droit de troquer la classique jaquette d'hôpital pour un joli pyjamas jaune qui m'avait été offert par ma charmante belle sœur.

On me présenta un miroir, Mon Dieu m'écriais-je !!! Je n'arrivais même plus à me reconnaître tant ce visage amaigri et ravagé presque aussi jaune que mon pyjamas accentuant les traits tirés qui me vieillissaient énormément.

J'avais accusé une telle perte de poids que mes mensurations parfaites avaient laissé place à une silhouette totalement décharnée.

J'étais abasourdie complètement sous le choc, sentant mon niveau d'énergie se volatiliser et fondre plus vite qu'une glace au soleil.

De mes 110 livres habituelles je n'étais plus qu'à un maigre 80 livres garnies de chairs flasques j'étais horrifié de ce constat.

Pourtant, j'aurais pratiquement juré qu'il ne s'était pas écoulé tout au plus que 10 ou 20 minutes depuis ma toute première perte de conscience.

Mais hélas, les faits était bel et bien là. Brutalement, je tombais sous le joug d'une réalité bien différente où ces inévitable trois semaines d'absence m'avaient considérablement déconnecté de tous mes points de repaires habituels.

Je me sentais meurtrie, défaite, perdue. J'avais beau être un médecin habitué à confronter journellement la maladie cela ne me retirait en rien le sentiment de déstabilisation et de désarrois devant cette nouvelle vulnérabilité qui était la mienne.

J'aurais voulu m'engouffrer sous les draps pour pleurer être seule avec le besoin d'apprivoiser la dure réalité située à une éternité (c'est le cas de le dire) de l'état d'euphorie que m'avait apporté l'état précédent de la non-conscience de l'espace et du temps.

Mais les circonstances suivantes n'allait sûrement pas me faciliter la tâche.

Le livre de 304 pages
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Mme Céline Jacques   (450) 592-2668
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