|
Je
me sentais littéralement suspendu au plafond et en même temps j'avais le sentiment
de flotter sur un tapis de Ouate enveloppée de douceur de tendresse et d'affection.
Cet
état était si harmonieux, si composé d'un parfait bien-être, habité d'une telle
plénitude qu'il est pratiquement impossible de trouver des mots qui puisse être ne
mesure de rendre justice à cette totale et indescriptible euphorie.
J'étais
complètement dégagé de toutes contraintes physiques, psychologiques aucune
préoccupation ou lourdeur matérielle liées au monde terrestre ne venait perturber
ni même effleurer cet état de béatitude absolue.
Les
vibrations de chaleur ou plutôt d'une intensité d'amour incommensurable pénétraient
au cœur même de mon être spirituel me remplissant d'un sentiment de force et de
pouvoir si puissant qu'il puisse en un sens se comparer à ce que pourrait être un
orgasme de l'esprit.
Le
temps et l'espace n'existaient plus. J'étais devenue le temps, j'étais devenue
l'espace sans un début ni une fin, sans une notion d'avant, ni d'après.
Je
dirais que j'étais totalement habité par la seule conscience D'ÊTRE tout et rien à
la fois mais sans jamais avoir un sentiment de vide.
J'avoue
que plus rien au monde n'avait d'importance que cet état et rien d'autre ne pouvait
l'égaler ni de près, ni de loin. Aussi, la notion d'y passer le reste de l'éternité
était loin de m'effrayer mais s'apparentait plus à un total état de grâce infini
remplie de reconnaissance.
Puis
cet état merveilleux prit fin abruptement j'aurais voulu hurler NON!!!!!!!!!!
LAISSEZ-MOI LÀ!!!!!!!! Mais ma vie terrestre me revenait, je n'y pouvais rien et en
même temps je savais sans pouvoir l'expliquer que les choses ne pouvaient pas se
passer autrement puisque ma mission ici bas n'était pas terminée.
Cette
expérience me donna l'impression d'avoir durée peut être dix minutes ou tout au
plus 20 minutes et pourtant aussi incroyable que cela puisse paraître j'avais été
une vingtaine de jour dans le coma. J'avais vraiment peine à me faire à cette idée.
Au
début de mon retour à la vie, je dois avouer que je ne ressentais aucune douleur
physique. Heureusement pour moi car mes collègues s'agitaient dans tous les sens,
procédant à des examens, application de soluté, transfusions, sondes, piqûres,
accessoires vitaux etc etc.
Non
seulement je ne ressentais pas la moindre douleur mais de surcroît le balancement
entre ciel et terre me donna l'impression de réintégrer mon corps jusqu'à trois
reprises successives.
J'étais
totalement consciente de mon grand privilège moi qui comme médecin avait si souvent
vue des gens réintégrer leurs corps passant abruptement d'un état de douce euphorie
à celui bien trop radicalement d'intenses douleurs physiques qui semblaient ne plus
finir de les tordre dans tous les sens.
Oui vraiment j'avais beaucoup de chance que la douleur me soit épargnée.
Envieront
5 jours après mon réveil j'acceptais que graduellement de reprendre contacte avec
le monde de notre réalité ho combien plus terne mais nécessaire.
J'étais parfaitement lucide et toujours aussi exempté de toute douleur.
Une
infirmière pénétra dans la chambre presque sur la pointe des pieds avec une énorme
gerbe de fleurs. Je lui dis «vous ne vous tromperiez pas de chambre par hasard
? » Elle répondit avec un petit air moqueur «n'avez vous pas un gentil petit
fiancé docteur ? »
Pour
toutes réponses je fixais intensément le bouquet et ajouta «pourriez-vous informer
ma famille que je ne serai pas là pour la fête Pascale.
Je
ne me sentais pas de force à replonger dans tout ce qui compose notre société, pas
encore il était trop tôt pour reprendre la bataille.
J'ai
toujours été une femme particulièrement courageuse mais lorsque l'on revient du
monde des esprits la vie actuelle nécessite d'être ré-aprivoisé et il n'était pas
question que j'en accélère le processus sans me respecter bien à fond.
Mon
fiancé était toujours fidèle à partager à mes côtes les quelques minutes de visite
qui lui était consentit par les autorités.
Nos
étions fiancé depuis Noël et la fête Pascale était sensée donner lieu à un immense
« shower » où 300 invités prévoyaient se réunir en mon honneur.
Je
serrais la main de cet homme qui allait devenir mon futur mari et je savais que le
simple échange de regard lui permettait de tout comprendre de tout deviner.
Il
avait toujours pour moi cette grande compassion remplie de tendresse qui
m'enveloppait de sa sollicitude et me rassurait de ne point craindre de lui fausse
compagnie en retournant à mon oasis de paix dans un repos réparateur salutaire.
Je
savais que j'étais encore faible mais j'en pris nettement plus conscience lorsque
j'ai réalisé qu'il y avait un prête d'un certain âge à mon chevet qui me donnait
les extrêmes onctions.
En
fait c'est le contact froid de ses doigts traçant une croix sur mon cou avec des
onctions qui me fit sortir brusquement de ma torpeur.
Je
lui ai demandé interloquée «mais que faites-vous ? » Il me répondit :
« Je suis venu t'offrir les derniers sacrements » puis en affichant un
air désemparé il ajouta «avoue tes péchés car tu va mourir ».
Je
l'ai regardé fixement dans les yeux avec une assurance et une détermination qui
était loin de lui retirer son désarroi et j'ajouta «non ! Des péchés je n'en ai pas
car je n'ai pas eu le temps d'en faire ».
On
aurait dit que toute la force et le pouvoir qui m'habitait l'effrayait. Cela me
poussa même à trancher «de toute façon, je ne mourrai pas et je reviens bientôt.
Mon
inébranlable certitude finie par lui faire perdre contenance le disposant à quitter
les lieux où visiblement il n'avait plus rien à faire.
Cette
expérience renforça ma conviction que personne d'autre que moi ne déciderait si je
devais ou pas trépasser.
Dans
un élan d'adrénaline d'une puissance que je n'avais jamais connue au par avant je
décide sur-le-champ de m'arracher à tout l'attirail médical : sondes, soluté,
transfusion, les supports rigides fixés au lit par des courroies en fin tout
accessoires qui puisse être reliés au système de survie.
Les
conséquences étaient pour le moins sanglantes. Le sang coulait de la veine de mon
bras autant que de la bouteille imbibant de sa couleur rougeâtre tout le drap du
lit et même sur le plancher.
Une
infirmière alertée par les électros encéphalogramme poussa un véritable cri
d'horreur à la vue de cette scène et à celle de ma figure où l'hémorragie nasale
contrastait dramatiquement avec la blancheur de ma peau.
Pourtant,
j'étais là regardant ce tableau avec le plus grand sans froid sans me départir le
moindrement de cette sorte de force qui dépassait même tout entendement.
On
eu dit que c'était presque une force qui émanait de mon esprit et que rien ne
pouvait l'arrêter durant un court instant mais dont l'intensité me paru beaucoup
plus prolongé.
Puis
sans le moindre avertissement je m'effondre en entendant dire «32 de pression mon
Dieu on la perd !!! ». Toute la batterie de médecins et d'infirmières
s'affairaient dans tous les sens alors que je replongeais littéralement dans le
coma pour une troisième et dernière fois.
Je
n'étais pas en état d'analyser mes gestes mais une seule certitude m'habitais, je
ne voulais plus être comme disent les patient branché à quoi que ce soi.
Mais
il y avait peu de chance que ce message eu été compris puisque je me retrouvais à
nouveau envahi par la machinerie qu'ils avaient prient soins d'emprisonner sur moi.
Quelques
jours s'écoulèrent à nouveau et je suis revenue à la vie comme on revient à une
deuxième naissance. Je prenais conscience de mon environnement tout comme je
percevais différemment l'expérience d'intégré ce corps qui était le mien. Je savais
que mon voyage dans l'au-delà avait désormais prit fin.
J'étais
débordante de lucidité et je réclamais sur-le-champ qu'on m'apporte une abondance
de fruits de toutes sortes garnies de boules de crème glacée aux essences parfumées
et variées.
J'avais
un tel appétit que rien ne m'y aurait fait renoncer. L'infirmière quant à elle
était visiblement aussi interloqué que si la requête venait d'un extra terrestre en
personne.
Elle
ne me prenait pas du tout au sérieux me croyant assurément très confuse. Pourtant
croyez-moi, aussi étrange que cela puisse paraître le concept de fruits et de crème
glacée était si fixé dans mon impétueux besoin que rien au monde ne semblait aussi
prioritaire en de telle circonstance pour le moins inusitée.
J'ai
du tellement insister et me faire si convaincante que le gastro-entérologue n'eut
d'autre choix que d'être convié à devoir accorder son assentiment.
Je
devais sûrement représenter un vrai casse tête pour les cuisines car il était assez
tard en soirée et il régnait un grand calme à l'étage.
J'entendais
le murmure de certaines conversations dont l'une entre autre m'apprit que le
docteur qui était chargé de m'examiner venait d'être ébranlé par un léger accident
qui avait emboutit sa belle voiture neuve qu'il venait de s'acheter à la fêtes de
Pâques.
J'ai
bien cru que sa visite serait retardée, mais non, j'étais vraiment bien entouré et
aussitôt son examen réalisé on acquiesça à mes désirs et le goûté royal me fut
servi.
Je
mangeais ou plutôt je me régalais et me délectais du goût sucré de chaque bouchée
avec une avidité dont j'avais peu coutume.
J'ignorais
encore qu'il s'agissait là de mon tout premier repas depuis les 22 journées
précédentes.
Dès
le lendemain matin, j'eus droit à la visite de l'ensemble complet du corps médical
en poste. J'étais apparemment un cas d'exception qui n'aurait ne principe du
n'avoir pratiquement aucune chance prévisible de retour à la vie.
Le
choc du temps, ma tentative de me libérer de l'arsenal des soins de santé, le
stress impressionnant vécu par le psychisme tout cela auraient du en principe me
laisser dépossédé de toutes chances de récupération et pourtant j'étais là.
Je disais à mes confrères pour les taquiner que j'avais drôlement la couenne dure.
Ce
retour à la vie me donnait désormais droit de troquer la classique jaquette
d'hôpital pour un joli pyjamas jaune qui m'avait été offert par ma charmante belle
sœur.
On
me présenta un miroir, Mon Dieu m'écriais-je !!! Je n'arrivais même plus à me
reconnaître tant ce visage amaigri et ravagé presque aussi jaune que mon pyjamas
accentuant les traits tirés qui me vieillissaient énormément.
J'avais
accusé une telle perte de poids que mes mensurations parfaites avaient laissé place
à une silhouette totalement décharnée.
J'étais
abasourdie complètement sous le choc, sentant mon niveau d'énergie se volatiliser
et fondre plus vite qu'une glace au soleil.
De
mes 110 livres habituelles je n'étais plus qu'à un maigre 80 livres garnies de
chairs flasques j'étais horrifié de ce constat.
Pourtant,
j'aurais pratiquement juré qu'il ne s'était pas écoulé tout au plus que 10 ou 20
minutes depuis ma toute première perte de conscience.
Mais
hélas, les faits était bel et bien là. Brutalement, je tombais sous le joug d'une
réalité bien différente où ces inévitable trois semaines d'absence m'avaient
considérablement déconnecté de tous mes points de repaires habituels.
Je
me sentais meurtrie, défaite, perdue. J'avais beau être un médecin habitué à
confronter journellement la maladie cela ne me retirait en rien le sentiment de
déstabilisation et de désarrois devant cette nouvelle vulnérabilité qui était la
mienne.
J'aurais
voulu m'engouffrer sous les draps pour pleurer être seule avec le besoin
d'apprivoiser la dure réalité située à une éternité (c'est le cas de le dire) de
l'état d'euphorie que m'avait apporté l'état précédent de la non-conscience de
l'espace et du temps.
Mais les circonstances suivantes n'allait sûrement pas me faciliter la tâche.
|