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À la
sortie de l'adolescence, il y a déjà quelques années, j'ai vécu une expérience
fantastique. Je me suis baladée sur la route de l'inconscient à l'occasion d'une
maladie contagieuse soit l'hépatite virale.
Rarement,
je me posais des questions au sujet de cette expérience mais depuis deux ans, je
suis partie à la conquête de réponses à ces questions.
Tout
le monde sait que le comportement conscient dépend d'un bon fonctionnement cérébral
et que les désordres de la conscience indiquent une défaillance cérébrale.
Cependant,
chez les humains, les comportements sont si variables qu'il est difficile de faire
une évaluation médicale lors d'un coma.
La
réduction ou l'absence d'un comportement conscient indique qu'une souffrance
cérébrale est présente et que le praticien doit intervenir le plus tôt possible
afin de tout mettre en œuvre pour la récupération du patient.
Le
facteur principal, dans le coma hépatique est l'insuffisance des fonctions du foie.
La conséquence est toujours la destruction des cellules qui conduit à l'épuisement
de cet organe.
Le
foie ne désintoxique plus certaines substances et par conséquent, il ne fabrique
plus certaines autres substances indispensables à une activité nerveuse normale.
1 –
Le pronostic dépend essentiellement de l'importance et de la vitesse de progression
de l'insuffisance hépatique qui régit directement l'insuffisance neuronale.
L'examen
neurologique permet de faire l'analyse des modifications de cinq fonctions
physiologiques.
2 –
L'état de la conscience, le type de la respiration, la taille et la réactivité des
pupilles, les mouvements oculaires, les réponses oculo-vestibulaires et finalement
les réponses motrices des muscles squelettiques sont tous des paramètres
d'observation de l'état comateux.
Oui
tout y était en ce jour du 8 avril 1963 où de praticienne je suis passée à patiente
à l'hôpital où j'oeuvrais depuis plusieurs années déjà.
Quelques
jours auparavant, il m'avait fallu ralentir puis prendre congé de mes activités
professionnelles en raison de sérieuses douleurs abdominales lancinantes jumelées
au mauvais fonctionnement de mes reins qui se répercutaient par de fortes nausées
accompagnées de vomissements.
Plus
mon état s'aggravait et plus l'état de confusion me gagnait. Mes connaissances
médicales ne me plaçaient malheureusement pas à l'abri des conséquences qui en
découlaient telles que des pertes de mémoire qui me plongeaient dans un profond
sentiment d'impuissance.
La
maladie n'a jamais été aussi pernicieuse à mes yeux que ce jour où des collègues
durent se pencher sur mon cas. Toute la batterie d'analyses, de radiographies et de
textes de circonstances fut réalisée amenuisant encore davantage mes forces déjà si
défaillantes.
On a
beau connaître la maladie, les termes et ses répercussions cela ne nous enlève en
rien les insécurités et l'atroce sentiment de solitude qui nous obligent à faire un
retour sur soi dans ce détachement forcé.
Malgré
cela j'étais consciente d'être entre bonnes mains car toute l'équipe n'avait de
cesse d'investiguer pour dénicher la source où qu'elle puisse se trouver.
Pour
ma part les circonstances avaient choisi de me faire sombrer dans un profond
sommeil comme pour m'enlever tout pouvoir de suivre l'évolution de leurs constats
sur ma personne.
Ma
mère cette si charmante dame, avait coutume de dire «moi ma fille je ne suis pas
médecin comme toi mais je vois bien que ça ne va pas ma douce, ton teint a trop
changé. Je sais bien que vos effectifs sont réduits et que vous mettez les bouchées
doubles mais d'après moi ma fille, tu es en train de te taper une hépatite
virale ».
Je
souriais en disant «mais chercherais-tu à me faire avouer que je serais un
cordonnier mal chaussé ? ».
Cette
fois-ci elle me regarda avec tout le sérieux dont elle est capable lorsque les plis
se marquent sur son front. « Non ma fille sans blague, lorque ton père a eu
cette maladie lorsque tu étais à l'autre bout du monde pour tes congrès de
scientifique et bien c'est cela qu'il avait et je ne t'avais rien dit pour ne pas
t'inquiéter mais j'ai bien eu peur de le perdre et le pauvre il avait le même teint
un peu verdâtre que je te reconnais. Alors fait moi plaisir ma fille et docteur ou
pas écoute ta mère s'il te plaît ».
« C'est
bon maman, je te promets à la première heure demain je m'inscris pour des tests.
Bon tu es contante là ça te rassure ».
Elle
sourit à son tour en baissant légèrement les yeux afin que je ne puisse y déceler
la petite larme qui tentait furtivement de se faufiler le long de ses cils.
Je
me rappelais que mon jeune frère avait déjà eu les mêmes symptômes à faible dose
mais tout de même la présence de ce virus rôdait dangereusement comme un vautour
cherchant sa proie et je ne devais pas négliger les avertissements qui semblaient
se répéter autour de moi.
Finalement
mes confrères confirmèrent ce diagnostic sévère puisqu'il s'agissait d'hépatite à
virus issu d'une infection grave avec pré-coma pyéloniphrite et cystite.
Pour
vulgariser le tout, disons que ce type d'inflammation bactérienne des voies
excrétrices s'attaque rapidement aux tissus rénaux, à la vessie augmentant
rapidement le risque de complication.
Lorsque
ce diagnostic fut confirmé, je ne pus réagir à cette nouvelle puisque déjà j'avais
sombré dans l'inconscience flottant, libérée de ce corps malade et dégagée de
toutes ces souffrances insoutenables tant physiques que mentales qui m'auraient
empoisonnée l'existence comme c'est normalement le cas pour tout être soumis au
processus d'une telle maladie.
Dans
un certain sens j'étais privilégiée malgré mon état. Sur le plan médical les
neurologues définissent le coma comme étant un trouble de la conscience mais
il est vrai que pour le commun des mortels l'appellation qui semblerait plus près
de la réalité serait plutôt l'absence de conscience si je dois dire.
Après
tout, la conscience n'est-elle pas aux yeux de tous avoir la connaissance de
soi-même et de l'environnement ?
Cependant, toujours dans un désir de vulgariser l'approche du sujet précisons ceci :
Il
existe deux aspects de la conscience qui sont perturbés différemment par les
affections cérébrales. L'un est le contenu de la conscience, la somme des fonctions
mentales.
Le second, est l'éveil qui sur le plan comportemental est lié à l'apparence de vigilance.
La
réduction de la vigilance ou de l'activité mentale selon les auteurs spécialistes
Fred Plum et Jérôme B. Posner serait reliée aux risques sérieux de sursaut du
patient au moindre stimulus, état de distraction le rendant incapable de penser
rapidement ni clairement.
Ce
patient interprète mal les perceptions sensitives étant considérablement affectées
par une progressive désorientation des notions d'espace et de temps.
C'est
justement dans cet état de dysfonctionnement que je vécus une sorte d'expérience de
dé-corporation vraiment très particulière.
Je
me sentais complètement déconnectée de toute conscience terrestre. Je commençais
mon extraordinaire voyage dans des dimensions que je n'avais jamais connues ni même
seulement envisagées pouvoir connaître un jour.
(La
suite de cette fascinante histoire vous sera dévoilée le mois prochain et cette
découverte ne risquera pas de vous décevoir).
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